Kinshasa, 26 septembre 2025 (ACP).- Le manque de maisons d’édition spécialisées dans la bande dessinée, ainsi que le coût élevé de l’impression, ont été identifiés mardi à Kinshasa comme des défis majeurs auxquels cet art fait face en République démocratique du Congo, a indiqué un bédéiste lors d’un entretien accordé à l’ACP.
«L’édition de bandes dessinées en République démocratique du Congo demeure confrontée à de nombreuses difficultés. Les maisons d’édition spécialisées sont rares, les coûts d’impression particulièrement élevés, et la distribution constitue un obstacle majeur. À cela s’ajoutent l’absence de soutien institutionnel et le manque de reconnaissance de la bande dessinée en tant qu’art à part entière. Par ailleurs, le piratage numérique fragilise considérablement les ventes», a déclaré Exaucé Lumbala, bédéiste congolais.
«Malgré ces défis, la scène de la BD en RDC connaît une effervescence prometteuse, bien que fragile. Un véritable dynamisme s’observe à travers l’émergence de jeunes talents, la multiplication des ateliers et des collectifs, et l’utilisation des réseaux sociaux comme tremplins de visibilité. Toutefois, les structures professionnelles demeurent insuffisantes et les espaces de diffusion limités. Le secteur semble amorcer une phase de renaissance qu’il convient d’encourager», a-t-il ajouté.
Selon Exaucé Lumbala, il est essentiel de soutenir cet art, car il représente un vecteur d’expression sociale, politique et artistique. La bande dessinée, en combinant texte et image, permet de raconter le quotidien, de dénoncer les injustices, mais aussi de faire rire ou réfléchir.
«Cet art représente un vecteur d’expression sociale, politique et artistique. La bande dessinée, en combinant texte et image, permet de raconter le quotidien, de dénoncer les injustices, mais aussi de faire rire ou réfléchir. Elle rend l’information accessible et attrayante, tout en sensibilisant sur des thématiques cruciales telles que la santé, l’environnement, les droits humains ou l’histoire. Dans un pays où l’accès aux livres reste limité, elle joue un rôle capital dans la vulgarisation du savoir et l’éveil des consciences», a-t-il affirmé.
Il a souligné toutefois qu’un long chemin reste à parcourir, notamment en ce qui concerne la diversité des voix représentées.
«Les femmes, les zones rurales et les provinces restent encore trop peu visibles dans les récits proposés. La BD congolaise doit désormais s’ouvrir à d’autres perspectives. C’est un chantier important à développer», a-t-il conclu.
Exaucé Lumbala évolue dans le domaine de la communication visuelle et plus précisément dans le secteur de la bande dessinée et l’animation. Il fait également parti des éditeurs d’une maison d’édition de bande dessinée dénommée « Titan comics ».
ACP/ODM

