RDC: nécessité de revaloriser l’espace Katanga évoquée par un historien

Kinshasa, 14 octobre 2025 (ACP).- La nécessité de revaloriser l’espace Katanga, comme une région d’organisation sociale rigoureuse, remplie d’institutions de sagesse, a été évoquée mardi à Kinshasa c apital de la Républiaue démocratique du congo par un historien lors d’un échange avec l’ACP.

«Le Katanga méridional, peuplé historiquement par les Bemba, Lamba, Sanga, Yeke, Lunda, Lubakat, Tabwa et Emba, fut bien plus qu’une zone minière. C’était un espace de civilisation, d’organisation sociale rigoureuse, de cultes ancestraux structurés, d’institutions de sagesse, de rites de passage, de royautés respectées et de transmissions orales sacrées», a déclaré Félix Kiluya, historien congolais.

«Mais au fil des époques, notamment depuis l’indépendance, une fracture s’est installée. Politiquement, le Katanga a été stigmatisé. On l’a accusé de sécession, on a marginalisé ses élites, on a éclipsé son apport à la construction nationale. Et pourtant, sans le Katanga, le Congo n’aurait ni cuivre, ni cobalt, ni électricité stable, ni infrastructures héritées de l’époque coloniale», a-t-il ajouté.

Il a également souligné la particularité des différentes composantes de l’espace Katanga, qui selon lui,  portaient une tradition artisanale, mêlant l’autonomie et le respect de la terre.

«Le peuple Lamba, dans les savanes de Kipushi, avait érigé des systèmes agricoles basés sur les cycles lunaires. Les Bemba, quant à eux, structuraient leurs villages selon des logiques spirituelles centrées sur le respect des ancêtres. Les Sanga, à Kambove et Likasi, portaient une tradition artisanale et religieuse profonde. Ces sociétés étaient autonomes, organisées, et respectaient la terre, l’homme et l’invisible», a-t-il précisé.

Félix Kiluya, a par ailleurs,  déploré les tournants brutaux ‘qu’à connu l’espace Katanga,  entre autres : Les conflits du Kasai, la guerre de L’est (..), qui ont véritablement affecté l’équilibre de cette partie.

«Toutes ces dynamiques ont affecté l’équilibre originel du Katanga. On parle de l’UBA (Union des Balayeurs Africains) à Kasumbalesa, des tensions entre autochtones et ressortissants d’autres provinces, des frustrations identitaires, sans jamais proposer une voie vers la réconciliation», a-t-il affirmé.

«Les vérités interdites sont celles qu’on n’enseigne pas dans les écoles. Celles qui dérangent les puissants. Comme le fait que des pactes coloniaux ont déstabilisé volontairement les chefferies locales (…). Ou encore que des intellectuels katangais ont été poussés à l’exil ou muselés», a-t-il conclu.

Félix Kiluya est passionné et défenseur de l’histoire contemporaine du Katanga.  Son rôle n’est pas d’attiser les tensions, mais de réveiller les consciences. En plus, Son objectif est de réconcilier la jeunesse katangaise avec sa mémoire collective, en lui transmettant des récits authentiques, équilibrés et enracinés. ACP/ODM

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