Kinshasa, 05 octobre 2025 (ACP).- L’institution d’une Journée nationale de l’éthique en République démocratique du Congo a été proposée dimanche par un promoteur des valeurs citoyennes, en réponse à la montée des dérives morales et des pratiques contraires à la cohésion sociale, lors d’un échange accordé à l’ACP.
« Cette demande vient d’un constat douloureux mais réel : ce n’est pas le manque de ressources ou des lois qui freine notre pays, mais l’effondrement des repères moraux. Les antivaleurs se sont installés au point d’étouffer l’autorité de l’État, de briser la confiance et de détruire la cohésion. Instituer une Journée nationale de l’éthique permettrait de créer un moment officiel où le pays se parle et se corrige », a plaidé Yves Antoine Mbaki, ‘’ambassadeur des valeurs’’.
Selon lui, une telle journée va permettre de sensibiliser la population sur l’importance de l’intégrité, de la responsabilité collective et du respect des principes éthiques dans la vie publique comme privée.
« Ce ne serait pas une cérémonie symbolique, mais un outil national d’éducation, de sensibilisation et de mobilisation. L’objectif est de redonner à la conscience citoyenne une place dans la construction de l’État et de réinstaller l’éthique comme socle de gouvernance et de vie collective », a-t-il explicité.
À l’en croire, le changement de mentalité est une condition préalable à l’efficacité des lois. « Les lois sont nécessaires, mais elles ne produisent d’effets que lorsqu’elles reposent sur une conscience qui les accepte, et la justice élève une nation seulement lorsque ceux qui l’appliquent et ceux qui la subissent partagent une même morale », a fait remarquer M. Mbaki.
Et de renchérir : « On peut multiplier les textes, les institutions et les sanctions, mais si la mentalité collective ne change pas, les lois deviennent inopérantes ou contournées. Le changement de mentalité n’est pas une alternative aux lois, il en est la condition ».
Les jeunes congolais appelés à conjuguer nombre et exemplarité
Abordant la question de la relève politique et citoyenne en RDC, Yves Antoine Mbaki a souligné que le poids démographique de la jeunesse ne suffit pas à garantir son influence durable dans la gestion du pays, sans une construction éthique et exemplaire.
« La jeunesse est majoritaire en nombre, puisqu’elle représente, si je ne m’abuse, 75 % de la population. Mais elle ne pourra être durablement représentée que si elle devient également majoritaire en exemplarité. C’est là notre véritable cheval de bataille », a-t-il souligné.
« Ce n’est pas une question de quota, mais de confiance et de méritocratie. Si nous voulons une relève digne, il faut d’abord préparer les consciences avant d’occuper les fonctions. Une jeunesse corrompue reproduit les erreurs de ses aînés, tandis qu’une jeunesse intègre reconstruit la nation », a-t-il affirmé, précisant que ce plaidoyer a été formalisé dans une lettre adressée récemment au Chef de l’État.
À ses dires, l’intégrité est le point de départ de tout ce qui élève une nation : « la justice, la confiance, la sécurité, même l’investissement. Sans intégrité, toute réforme s’épuise et tout pouvoir se fragilise. Promouvoir une culture de l’intégrité, c’est restaurer la fierté d’être juste, loyal, responsable ; c’est réduire la corruption non par la peur mais par la conviction. C’est faire du service public un honneur, pas un commerce ».
Et de conclure : « Les politiques en particulier doivent se conformer à l’éthique, autrement il ne sert à rien de parler développement. Tout est lié, et le Chef de l’État devrait, je lui parle respectueusement, prêter attention à ce message afin qu’on l’impose pour le bien du développement de la RDC. On doit l’inscrire dans un programme, dans une série d’actions ».
ACP/C.L.

