RDC : un écrivain  alerte sur les soupçons liés à l’usage de l’intelligence artificielle

Kinshasa, 3 novembre 2026 (ACP).- Les soupçons liés au recours à l’intelligence artificielle (IA) dans la création littéraire risquent de fragiliser  les jeunes auteurs,  peu connus du public, a alerté un écrivain de la République démocratique du Congo (RDC), évoquant de suspicion dans le milieu littéraire,  a expliqué l’auteur mardi  à l’ACP.

« Cette rivalité jouit d’un privilège incommensurable. Une forme de présomption de paternité. Parce que déjà demain, littéralement, la question ne se posera plus de savoir si vous avez ou non utilisé l’intelligence artificielle. La question interrogera à quel point vous avez fricoté avec elle », a déclaré Tata N’longi Biatitudes, de son vrai nom Hervé-Michel Bia Buetusiwa.

Selon lui, l’écriture demeure un exercice difficile, qui pourrait le devenir davantage avec l’évolution de l’intelligence artificielle.

« L’IA ajoute une pression supplémentaire, avec une suspicion qui plane désormais sur chaque texte publié », a-t-il ajouté.

Il a identifié deux catégories d’auteurs susceptibles d’être affectés par cette situation. « D’un côté, les auteurs classiques concurrencés par ceux qui utilisent l’IA en cachette. De l’autre, ceux qui, bien qu’ayant écrit eux-mêmes, devront prouver qu’ils n’ont pas eu recours à la machine », a-t-il expliqué.

Pour Tata N’longi, cette situation risque de créer une inégalité entre les écrivains, les auteurs déjà consacrés étant moins exposés aux soupçons que les jeunes dont le style littéraire est encore en construction.

« Les auteurs déjà consacrés ne seront pas inquiétés, contrairement aux jeunes dont le style est encore en construction », a-t-il indiqué, évoquant également un risque de discrimination à l’égard des auteurs africains, haïtiens et autodidactes.

Face à cette nouvelle donne, il a suggéré de considérer la maîtrise de l’intelligence artificielle comme une compétence littéraire à part entière, distincte de la création authentique. Il a également invité les écrivains à conserver les brouillons de leurs œuvres afin de disposer des éléments permettant d’attester leur paternité.

« Le fil commun entre les deux pistes évoquées, c’est la transparence. La technologie, si innovante soit-elle, ne cause jamais de nouvelles questions, mais reformule des interrogations éternelles », a conclu l’écrivain.

Tata N’longi Biatitudes, de son vrai nom Hervé-Michel Bia Buetusiwa, est un écrivain, poète, dramaturge, avocat et éditeur de  la RDC.

Passionné d’écriture depuis son enfance, il a poursuivi des études de droit avant de se consacrer également à sa vocation littéraire.

Son pseudonyme, ‘‘ Tata N’longi’’, lui a été attribué par son entourage universitaire. Il signifie enseignant. ‘‘ Biatitudes’’  est un jeu de mots construit à partir de son nom.

 Il a  écrit  plusieurs ouvrages, entre autres   : ‘‘Mes j’aime’’,  Poèmes d’amour, publié en 2017. ‘‘Cœur (é) pelé’’, recueil de poésie publié en 2018, ‘‘Bateki Mboka’’, une pièce de théâtre publiée en 202.

ACP/S T J / MN

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