Kinshasa, 14 octobre 2026 (ACP). – Une recommandation en faveur de la valorisation et la pérennisation des instruments de musique traditionnelle, considérés comme un patrimoine culturel matériel à préserver, a été formulée mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), par un fabricant lors d’un échange avec ACP.
« Lorsque nous faisons une exposition-vente, nous constatons que le public ne prête pas suffisamment attention aux instruments exposés, alors que nos expositions portent sur les instruments de musique traditionnelle comme patrimoine culturel matériel à sauvegarder et à pérenniser », a indiqué
André Lokwa.
« Par exemple dans l’un des thèmes souvent utilisés comme “Bâtir le pont entre les peuples”, nous disons que la musique n’a pas de frontières. Le problème est qu’elle soit belle à entendre. À ce moment-là, elle traverse les frontières et relie plusieurs peuples », a-t-il ajouté.
Étant facteur d’instruments de musique traditionnelle et chef de la section de musicologie au Musée national de la RDC, Mr. Lokwa a souligné l’importance du rôle essentiel de ces instruments dans la production musicale et la transmission des valeurs culturelles.
Il a appelé pour ce faire, le gouvernement congolais à renforcer les initiatives visant à assurer la valorisation et la préservation de ce patrimoine, notamment par le soutien aux artisans et aux fabricants d’instruments traditionnels.
Des difficultés de production et de commercialisation
André Lokwa Nkubiri a, par ailleurs évoqué les difficultés auxquelles sont confrontés les fabricants, particulièrement en matière de commercialisation de leurs produits.
« Nous fabriquons des instruments, mais ils ne sont pas achetés, car la vente est très difficile », a-t-il déploré, estimant que cette situation compromet la poursuite des activités artisanales et la transmission des savoir-faire aux générations futures.
Il a également relevé la rareté de certaines matières premières nécessaires à la fabrication des instruments, notamment le bois provenant de différentes provinces du pays.
Les matériaux destinés à la confection d’instruments tels que les calebasses, les cornes et les xylophones sont également difficiles à trouver, a-t-il indiqué.
Selon lui, la vente des instruments permettrait aux fabricants de financer l’acquisition des matières premières et de poursuivre leur production en quantité suffisante.
Toutefois, dit-il, l’insuffisance des débouchés commerciaux fragilise cette activité et risque d’entraîner la disparition progressive de certains instruments traditionnels ainsi que des savoir-faire qui leur sont associés.
Appel à la responsabilité du public
Face à ces difficultés, Lokwa Nkubiri a invité le public congolais à s’intéresser davantage aux instruments de musique traditionnelle, à découvrir leur valeur culturelle et à soutenir les fabricants par l’achat de leurs produits.
« Nous devons nous-mêmes valoriser d’abord nos propres instruments et les moderniser avant de valoriser les instruments modernes », a-t-il conclu.
À travers cet appel, le fabricant entend sensibiliser les congolais à l’importance de la sauvegarde du patrimoine culturel matériel et à la nécessité de soutenir les artisans qui contribuent à sa préservation et à sa transmission. ACP/L.

