RDC : un plaidoyer pour la traduction des textes officiels en langues nationales.

Kinshasa, 29 janvier 2026 (ACP). -Un plaidoyer pour la traduction des textes officiels en quatre (4) langues nationales notamment le Kikongo, le Lingala, le Swahili et le Tshiluba, a été formulé jeudi, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, par un linguiste congolais au cours d’un entretien avec l’ACP.

« La constitution actuelle de la RDC consacre comme langues nationales le Kikongo, le Lingala, le Swahili et le Tshiluba. Après constat, bon nombre des textes officiels ne sont pas traduits en ces quatre langues, pourtant la plupart des textes censés être connus du grand public congolais sont rédigés en français, langue officielle du pays, mais très peu connue car elle relève d’un certain niveau scolaire ou académique », a déclaré  Richard Zelenge, linguiste à l’Université pédagogique nationale.

« Je déplore le fait que ces quatre idiomes Nationals n’atteignent pas toute l’étendue de la RD Congo (…),  à peine on peut citer le Swahili et le Lingala et tous les services de la vie nationale sont tenus dans la langue officielle », a-t-il déploré, avant d’affirmer que la plupart des Congolais ne maîtrisent pas la langue officielle qui semble être un parler national, car elle symbolise l’identité du peuple congolais.

Le professeur Zelenge a fait savoir que il est difficile de comprendre ce qui se passe lorsque l’on se rend dans une juridiction. Les accusateurs et les accusés sont loin de comprendre ce qui se passe où se dit entre leurs avocats. Car toutes les lois auxquelles se réfèrent les juges et les avocats sont citées en français.

« Il sied de relever que le langage juridique est loin d’être compris non seulement des accusateurs et des accusés mais aussi du public assistant les uns et les autres, pourtant dans beaucoup de procès on entend dire « Personne n’est censé ignorer la loi », alors que la loi est gardée secrète dans une langue non connue de ceux qui sont censés la connaître », a expliqué le linguiste.

Selon lui, les comptes rendus des institutions officielles ne doivent pas uniquement se faire dans la langue de Molière, mais en tous les idiomes Nationals car ils sont faits à l’intention des populations n’ayant pas le français comme langue de communication.

« Tout ce qui n’est pas connu du peuple est ignoré du peuple », a-t-il souligné.

Le linguiste a par ailleurs, expliqué que la traduction dans un monde multilingue joue un rôle très capital pour mettre tout le monde au même diapason d’information, de la loi fondamentale qui est la constitution.

Les autres textes en contact direct avec les différentes couches de la population congolaise devraient être aussi traduits en langues nationales pour être des instruments guides de notre peuple.

« Je plaide pour qu’il soit institué un service de traduction des textes réglementaires dans l’administration congolaise de telle sorte que tout texte qui devra jouer un impact publique soit directement traduit dans une langue nationale ou dans les quatre langues selon le cas. L’État doit doter les écoles de traduction de moyens afférents pour la formation de qualité », a plaidé R. Zelenge.

Docteur en linguistique depuis 2021 à l’UPN, le professeur Richard Zelenge Somo enseigne les cours de langues nationales, le lingala dans plusieurs départements tels que les Lettres et civilisation Africaines, Lettres et civilisation françaises, Sciences historiques et autres. Il est auteurs de plusieurs publications. ACP/JF

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