Kinshasa, 31 juillet 2026 (ACP).- L’histoire de la Rumba congolaise, patrimoine culturel commun à la République démocratique du Congo(RDC) et à la République du Congo, a été retracée vendredi à Kinshasa par un musicologue à partir de faits historiques établis et d’archives vérifiables, notamment en ce qui concerne les premiers studios d’enregistrement qui ont contribué à son essor.
« La Rumba congolaise appartient aux deux Congo, les archives ont permis toutefois d’établir une chronologie précise des premiers studios ayant accompagné le développement de cette musique », a indiqué Jean Marie Kalemba Musicologue.
« À Léopoldville, actuel Kinshasa, les premiers enregistrements commerciaux ont été réalisés dès les années 1940 par la maison Ngoma, fondée par le Grec Nicolas Jéronimidis », a-t-il dit en ajoutant que ce studio est considéré comme le premier véritable centre d’enregistrement de la musique congolaise moderne, ayant révélé plusieurs pionniers de la Rumba.

Quelques années plus tard, d’autres maisons de production, notamment Opika, Loningisa, Esengo et Cefa, ont largement contribué à l’essor de cette expression musicale, en enregistrant des artistes devenus des références de la musique congolaise et africaine.
À Brazzaville, le développement des studios d’enregistrement est intervenu plus tard, dans un contexte où les échanges artistiques entre les deux rives du fleuve Congo étaient déjà particulièrement intenses. De nombreux musiciens évoluaient d’ailleurs entre les deux capitales, participant à la construction d’un patrimoine musical commun.
L’analyse souligne ainsi que reconnaître cette chronologie ne remet nullement en cause le caractère partagé de la rumba congolaise, inscrite depuis 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Elle invite plutôt les chercheurs, historiens et passionnés à s’appuyer sur les archives afin de préserver l’authenticité de cette mémoire collective.
Pour les auteurs de cette réflexion, raconter l’histoire de la rumba avec rigueur constitue un devoir de mémoire envers les pionniers qui ont façonné ce genre musical, aujourd’hui reconnu comme l’un des plus importants héritages culturels du continent africain.
ACP/M

