Kinshasa, 25 Octobre 2026 (ACP).- La célébration du centenaire d’âge de Bowane Henri, père géniteur de la rumba originelle et du 70ème anniversaire du légendaire groupe OK Jazz de la République démocratique du Congo (RDC) est prévue le 7 novembre à Paris en France, a annoncé l’organisateur dimanche à l’ACP.
« Nous sommes très motivés d’organiser cet évènement en hommage exceptionnel au centenaire d’Henri Bowane, pionnier de la rumba congolaise et mentor de Franco LuamboMakiadi. Au fur et à mesure de la préparation, nous découvrons encore plus ce grand homme à multiples facettes qu’est Henri Bowane. Nous sommes très fiers de contribuer à faire connaître ce grand artiste africain qui était très en avance avec son temps. Il est toujours d’actualité sous plusieurs formes », a déclaré José Nzolani, Président de l’association ‘‘Culture Rumba’’ basée en France.
Plusieurs activités culturelles et conférences, renseigne-t-il, sont prévues pour marquer cette fête combinée avec les 70 ans d’existence de l’orchestre OK Jazz du Grand maître Franco, monument de la Rumba et descendant de Bowane.
« Nous allons commencer par la projection d’un film où le Grand Maître Franco Luambo Makiadi parle de Bowane, son maître, et de ses débuts dans la musique. Nous pouvons aussi y voir Wendo et Bowane chanter ensemble. Nous aurons un moment d’échanges entre les participants et les panélistes », a indiqué la source.
« Nous allons poursuivre le programme par un live musical animé par le guitariste, chanteur et arrangeur Pelasimba qui nous a toujours accompagnés avec son groupe. On aura également la présence du grand Wuta Mayi, Théo Blaise Kounkou et Edi Mabungu. Avant de se séparer, nous allons avoir un moment d’échanges informels autour d’un verre », a-t-il ajouté.
Bowane, ancêtre des chanteurs –guitaristes de la Rumba
Né en 1926 dans la région équatoriale, au nord-est de la RDC d’un père Congolais de Brazzaville, d’une mère Mongo de la RDC, le grand-père paternel d’Henri Bowane Wa Mayani était Togolais.

José Nzolani, organisateur et Président de l’Association ‘‘Culture Rumba’’
« Nous pouvons dire que Bowane était un panafricain de naissance. Henri Bowane a marqué l’histoire de la musique congolaise moderne sur plusieurs générations. Quelle fille du Congo qui n’a pas chanté ‘‘Chéri kanga vélo’’ pendant qu’elles jouaient entre elles ? », a témoigné le Président de l’Association Culture Rumba.
En 1946, il s’est rendu à Kinshasa où il a développé son propre style de guitare picking basée sur le folklore du peuple Mongo (zebola connus pour leur rythme).
Pour José Nzolani, Bowane a été un élément crucial dans le développement de la rumba Congo. Il a été l’un de la première génération de chanteur-guitariste à avoir enregistré un disque à Kinshasa (alors Léopoldville) au début des années 1950.
Redoutable directeur artistique, celui qui a fait la musique de ‘‘Marie-Louise’’, l’un des tout premiers tubes de la rumba congolaise sorti en 1948 aux éditions Ngoma, sous la voix de Wendo Kalosoy.
Comme chef d’orchestre et arrangeur de résident à Loningisastudios, Bowane a été le premier patron et mentor de la légende Luambo Makiadi.
Découvreur de talents, c’est lui qui a révélé des artistes qui constitueront en 1956 l’ossature de l’orchestre Ok-Jazz. Selon nos sources historiques, il a été aussi à la base de la création de ‘‘Rock-a Mambo’’.
« Son propre groupe ‘‘Le Ryco-Jazz’’ a fait connaître notre musique au-delà du bassin du Congo. Cet ensemble musical a participé au rapprochement des Africains de part et d’autre de l’Atlantique. Il est réputé comme le premier musicien à posséder une voiture ‘‘Cadillac’’ à l’époque coloniale pendant que ses autres collègues se contentaient d’une bicyclette », raconte Nzolani.
En 1959, Bowane a quitté le pays pour représenter le Congo rumba à des pays comme le Cameroun, le Nigeria, Sierra Leone, Sénégal, Tchad, Togo, Ghana et les Antilles françaises. Il s’est installé dans la région à travailler comme un homme d’affaires avec quelques incursions dans le monde de la musique.
En 1989, Henri Bowane a regagné Kinshasa après une longue absence en Afrique de l’Ouest avant de mourir en 1992 à Kinshasa.
ACP/JD

