Un message pour l’auto-prise en charge des jeunes au centre d’un projet cinématographique

Ben Benji Issaba.PH. Droits tiers.

Kinshasa, 15 mai 2026 (ACP).- Un message d’éveil pour l’auto-prise en charge des jeunes en République démocratique du Congo est placé au centre d’un projet cinématographique en développement à Kinshasa, par l’artiste pluridisciplinaire congolais Ben Benji Issaba, en vue de conscientiser la jeunesse face aux injustices sociales, a-t-il indiqué jeudi à l’ACP.

« Aujourd’hui, il y a des jeunes qui disent : Voilà, mon père est directeur général, mon papa vit en Europe. Ils se contentent de la richesse de leurs parents au lieu de chercher leur propre chemin. C’est dans cette optique que j’ai eu le souci d’écrire ce film. Dans mon coin, j’ai essayé de former quelques jeunes, surtout des délinquants que l’on encadre. L’un d’eux m’a raconté son histoire, il est maintenant un acteur dans ma troupe   », a fait savoir Ben Benji Issaba.

Le cinéaste a exprimé son engagement de vouloir encourager les jeunes à construire leur propre avenir sans dépendre uniquement de la situation sociale de leurs parents ou pays.

« Lorsque ce jeune m’a parlé de son parcours, je me suis retrouvé par rapport à cette situation et je me suis dit que je devais écrire et le mettre dans un film », a-t-il ajouté, précisant que l’art constitue un moyen d’interpellation et de dénonciation des injustices qui touchent la société congolaise, particulièrement la jeunesse.

« Dans tout ce que je vois à partir du concept de Martin Luther King, se taire face à l’injustice, c’est être complice. Tout ce que l’on voit et dont on parle sans agir face à l’injustice nous rend complices », a-t-il dit.

Et de poursuivre : « quand tu constates une injustice, il faut dénoncer. C’est ce que j’ai remarqué chez la jeunesse congolaise : elle ne s’intéresse pas trop à cela. Voilà pourquoi nous avons insisté sur ce point dans l’un de nos films qui interpelle, notamment en ce qui concerne les dérives policières que j’ai aussi épinglées ».

Ben Benji Issaba, parlant d’un spectacle théâtral en montage dans le cadre de ses initiatives, a révélé qu’il aborde également la problématique de la corruption dans la gestion du pouvoir traditionnel.

« Ce projet parle d’un pouvoir corrompu dans un  village appelé Bosobuki. On devait succéder au roi qui était mort, par son fils. Alors, les notables ont reçu du kaniaka pour introniser une autre personne et, suite à cela, il y a eu quelques répercussions au village », a-t-il laissé entendre.

Revenant sur son parcours artistique, Ben Benji Issaba a indiqué totaliser cinq années de carrière dans le domaine culturel et deux années à la tête de sa troupe composée de douze jeunes artistes.

« J’ai maintenant cinq ans de carrière, ma troupe ‘‘Ghetto film et théâtre’’ totalise deux ans, une troupe de douze personnes que j’encadre, et j’ai suivi pas mal d’ateliers. J’ai été formé par la compagnie théâtrale des Intrigants et j’ai aussi passé du temps à l’Institut français », a-t-il conclu.

ACP/C.L.

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