Kinshasa, 7 juin 2026 (ACP).- La sauvegarde de l’orchestre Ok Jazz, l’un des groupes les plus célèbres de l’histoire de la rumba congolaise en République démocratique du Congo, a fait l’objet d’un plaidoyer lancé samedi par un expert de la musique congolaise, à l’occasion du 70e anniversaire de sa création, marqué par l’absence d’activités commémoratives.
« L’Ok Jazz a gratifié le public de chansons devenues des standards de la rumba congolaise qui méritent d’être préservées et transmises à la jeune génération. Faute de moyens et d’accompagnement institutionnel, ce patrimoine risque d’être jeté dans les oubliettes. D’où un sursaut patriotique pour le sauver », a déclaré Herman Bangi Bayo, vice-président de la Commission nationale chargée de la valorisation de la rumba congolaise.
Selon lui, l’orchestre Ok Jazz représente l’un des plus importants patrimoines musicaux de la République démocratique du Congo et mérite une attention particulière en raison de sa contribution à l’essor de la rumba congolaise.
« Soixante-dix ans après, l’orchestre Ok Jazz, l’un des piliers majeurs de la rumba, est enterré dans le cimetière des oubliés malgré plusieurs tentatives de relance effectuées par son beau-fils Youlou Mabiala et son fils Emongo », a-t-il regretté.
Un patrimoine musical à transmettre aux générations futures
L’expert a rappelé que l’orchestre Ok Jazz a été créé le 6 juin 1956 au Home des Mulâtres, dans la commune de Kinshasa, par Franco Luambo Makiadi, Rossignol, Dessouin, Essous Jean Serge, Pandi Saturnin et Delalune.
Au cours de son existence, cette formation musicale a produit plusieurs œuvres devenues des références de la rumba congolaise, notamment « Aimée wa bolingo », « Matinda », « Mario », « Mabele » et « Mamou », aujourd’hui considérées comme des classiques du patrimoine musical congolais.
Pour Herman Bangi Bayo, la reconnaissance internationale de la rumba congolaise devrait s’accompagner d’initiatives concrètes visant à préserver les ensembles et les artistes qui ont contribué à son rayonnement.
« Soixante-dix ans après et après l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, aucune activité officielle n’est organisée pour célébrer ce grand événement », a-t-il affirmé.
Un ambassadeur de la rumba congolaise dans le monde
Le vice-président de la Commission nationale chargée de la valorisation de la rumba congolaise a également souligné le rôle joué par l’orchestre dans la promotion de la culture congolaise au-delà des frontières nationales.
« L’Ok Jazz a servi de pont culturel entre Kinshasa et Brazzaville et d’ambassadeur de la rumba congolaise à travers le monde », a-t-il soutenu.
Fondé sous l’impulsion de Franco Luambo Makiadi, l’orchestre Tout-Puissant Ok Jazz demeure l’une des formations musicales les plus influentes de l’histoire de la musique africaine. Son répertoire, son style et son apport à l’évolution de la rumba congolaise continuent d’inspirer de nombreux artistes sur le continent et au-delà.
L’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2021 a renforcé les appels à la préservation des archives, des œuvres et des formations musicales qui ont contribué à son rayonnement international.
ACP/J.S.T/BA

