Accord Mercosur–UE: Paris affirme la limitation de sa croissance économique (Welcome Ngimbi)

Kinshasa 25 mars 2026 (ACP).- En rapport avec l’application provisoire de l’Accord Union européenne–Mercosur, le président français a affirmé que le gain économique de celui-ci sera limité pour la croissance française et européenne, tandis que son pays reste favorable au commerce international.

 » La France est favorable au commerce international. Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’Accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040)« , a déclaré Emmanuel Macron, Président de la France.

Selon des sources concordantes, l’accord UE et les pays du sud-américain du Mercosur, acté par la Commission européenne, pourrait être effectif en mai ou juin 2O26, d’autant plus que quelques chapitres manquent encore pour clore son feuilleton, notamment la finalisation de toutes les exigences techniques et procédurales avant que l’accord puisse être officiellement appliqué à titre provisoire.

Les deux parties signataires devront s’échanger des courriers officiels pour confirmer l’achèvement de leurs propres procédures internes. 

Au bout de 25 ans de négociations, les pays latino-américains membres fondateurs du Mercosur composés d’Argentine, du Brésil, d’Uruguay et du Paraguay ont signé samedi 17 janvier dernier au Paraguay l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, axé sur la création de l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, au moment où les deux blocs représentent 3O% du PIB mondial et comptent plus de 7OO millions de consommateurs. 

Nécessité de conclure un partenariat productif à long-terme

La présidente de la Commission européenne, qui a pris part à cette cérémonie de signature, a affirmé la nécessité de conclure un partenariat productif à long-terme plutôt que l’isolement. 

« Nous optons pour un commerce juste plutôt que des droits de douane, pour un partenariat productif à long-terme plutôt que l’isolement« , a indiqué Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission de l’Union européenne.

« Et par-dessus tout, nous entendons apporter des avantages concrets et tangibles à nos peuples et nos entreprises« , a-t-elle ajouté. 

Cet accord offre plusieurs avantages économiques, d’autant plus qu’il prévoit de supprimer graduellement une large part des droits de douane, favorisant les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Dans le sens inverse, il facilite l’entrée sur le marché européen de produits agricoles sud-américains, notamment riz, sucre, bœuf, volaille, miel ou soja, via des quotas de produits détaxés. 

En effet, les pays membres fondateurs du Mercosur ont résolu de supprimer 91% des droits de douane qui frappent les produits européens, tandis que l’UE s’est dite disposée à éliminer 92% des taxes imposées aux biens sud-américains, majoritairement agricoles. 

En revanche, cet accord de libre-échange sur le Mercosur et l’Union européenne est confronté à la résistance d’éleveurs et d’agriculteurs de certains pays européens, entre-autres de la France, de la Belgique ou de la Pologne, qui attestent que cette entente va bousculer l’agriculture du vieux continent avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. 

 Les signataires ont indiqué qu’il permettrait au contraire la relance d’une économie européenne à la peine et soigner les relations diplomatiques avec l’Amérique latine.

 La Commission européenne a élaboré différentes garanties pour les produits les plus sensibles, en vue d’apaiser la colère du secteur.

 Mercosur–UE, un message fort pour le reste du monde

Pour sa part, le président du Conseil européen a précisé que l’accord de libre-échange Mercosur–UE s’inscrit comme un message fort pour le reste du monde, pendant qu’il s’observe une concurrence déloyale dans le commerce international. 

« Avec le Mercosur, les deux blocs envoient un message très fort à un moment où le droit international est menacé, où des pays comme la Chine pratiquent une concurrence déloyale dans le commerce international, où des pays comme les États-Unis augmentent leurs droits de douane« , a dit António Costa, président du Conseil européen.

De son côté, le Président brésilien a établi que le partenariat Mercosur avec l’Union européenne allait au-delà de la dimension économique. 

« Cet accord est très bon, surtout pour le monde démocratique et pour le multilatéralisme », a dit le Président Lula.

Initiées en 1999, au point mort depuis la signature d’un premier accord en 2O19, les négociations ont été relancées en décembre 2O24, déclenchant une vague de protestation du monde agricole. 

Après sa signature, l’accord de libre-échange Mercosur–Union européenne va être entériné par le Parlement européen avant de pouvoir être formellement conclus par le Conseil, suivi de la ratification par les parlements nationaux de 27 États membres de l’UE.

ACP/UKB

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