Kinshasa, 19 août 2026(ACP/MAP).- La Commission européenne a soutenu mercredi le retour vers le Maroc des migrants encore présents à Sebta après les traversées massives de juillet dernier, tout en rappelant les garanties européennes applicables aux mineurs étrangers non accompagnés, selon l’Agence marocaine de presse.
«La Commission européenne a confirmé que les personnes se trouvant illégalement dans la ville occupée de Sebta après l’afflux massif enregistré fin juillet doivent être renvoyées, y compris les mineurs étrangers non accompagnés, dans le respect des dispositions du droit européen applicables aux retours », a déclaré Markus Lammert, porte-parole de la Commission chargé des affaires intérieures.
« Les autorités espagnoles et marocaines sont désormais appelées à garder la maîtrise de la situation et de garantir le retour rapide de tous ceux qui restent illégalement à Sebta », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la portée de cette position et notamment sur l’inclusion des mineurs dans le terme « tous », le responsable européen a rappelé que leur situation relève également du droit de l’Union européenne.
Il a notamment renvoyé à la directive européenne sur le retour adoptée en 2008, qui encadre les décisions concernant les personnes en séjour irrégulier et prévoit des garanties spécifiques lorsqu’il s’agit de mineurs non accompagnés.
Selon les dispositions rappelées par la Commission, une décision de retour concernant un mineur doit être prise après que celui-ci a bénéficié de « l’assistance des services compétents dans l’intérêt supérieur de l’enfant ».
La situation des mineurs à Sebta
Cette précision intervient alors que la question des mineurs constitue l’un des principaux volets de la situation migratoire à Sebta depuis les traversées massives enregistrées à la fin du mois de juillet. La semaine dernière, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait estimé qu’environ 5 000 migrants en situation irrégulière se trouvaient encore dans la ville, dont 1 898 mineurs.
Les autorités espagnoles ont, pour leur part, annoncé leur intention de procéder au retour vers leurs pays d’origine des personnes présentes illégalement à Sebta, tout en affirmant qu’aucune d’entre elles ne serait transférée vers la péninsule espagnole. Selon les estimations espagnoles citées par la Commission européenne, près de 72 000 personnes avaient franchi la frontière de Sebta le 30 juillet, la quasi-totalité ayant depuis été renvoyée vers le Maroc.
Dans ce contexte, la coopération entre le Maroc et l’Espagne occupe une place centrale dans le dispositif envisagé par Bruxelles.
Le porte-parole de la Commission a pris note de la volonté exprimée par les autorités marocaines de coopérer avec l’Espagne et les partenaires européens afin de faciliter le retour des mineurs étrangers non accompagnés. Bruxelles s’est également déclarée prête à « faciliter et soutenir » le processus de retour.
Sur le plan juridique, la Commission a également rappelé que les retours sont actuellement régis par la « directive retour » et qu’ils seront prochainement encadrés par le nouveau règlement européen sur les retours. ACP/

