Conférence de l’Onu sur l’eau: transformer les engagements politiques en actions en 2026

Kinshasa, 26 janvier (ACP).- Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a appelé lundi à Dakar la communauté internationale à faire de la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue en 2026 un tournant décisif, capable de transformer les engagements politiques en actions concrètes face à la crise mondiale, ont informé les médias internationaux.

«Faire progresser l’agenda de l’eau, c’est restaurer la confiance dans l’action multilatérale. J’appelle à une mobilisation inclusive des États, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile, des scientifiques, des communautés locales, des jeunes et des femmes», a déclaré Bassirou Diomaye Faye, président sénégalais.

«Faisons de cette conférence un moment de bascule et non une rencontre de plus. J’exhorte tous les membres à traduire les engagements politiques en actions concrètes, mesurables et suivies dans le temps», a-t-il ajouté.

Selon les sources, le chef de l’État a fait savoir que la question de l’eau constitue aujourd’hui un test majeur de la crédibilité du multilatéralisme, à l’heure où les Nations Unies cherchent à démontrer leur capacité à produire des résultats tangibles pour les populations.

Le dirigeant sénégalais a également rappelé l’ampleur de la crise mondiale de l’eau, citant les données des Nations Unies faisant état de 2,2 milliards de personnes sans accès à une eau potable sûre et de 3,5 milliards privées de services d’assainissement adéquats, une situation particulièrement préoccupante en Afrique.

Selon lui, la crise hydrique, aggravée par le dérèglement climatique, alimente l’insécurité alimentaire, fragilise les économies, provoque des déplacements de populations et exacerbe les tensions sociales et politiques.

«Le coût de l’inaction est immense. Nous enregistrons des pertes en vies humaines et des opportunités de développement compromises, a-t-il averti.

La conférence de 2026 doit tourner vers des actions palpables

Pour sa part, le ministre adjoint de l’Énergie et des Affaires durables des Émirats arabes unis, Abdulla Balalaa, co-hôtes de la conférence avec le Sénégal a indiqué que la conférence de 2026 doit être tournée vers des actions palpables, assurant que l’enjeu dépasse largement le seul Objectif de développement durable n°6.

« Après une interruption de 46 ans des conférences onusiennes sur l’eau, et à la suite du regain de dynamique politique observé depuis 2020, la conférence de 2026 devra être résolument tournée vers l’action et la mise en œuvre. C’est tout simplement un moment décisif », a-t-il soutenu.

« Soit nous unissons nos efforts autour d’une action mondiale coordonnée, soutenue et accélérée en faveur de l’eau, soit nous risquons d’échouer non seulement sur l’ODD 6, mais aussi sur de nombreuses priorités mondiales; notamment la sécurité alimentaire et énergétique, la résilience climatique, la santé publique et la croissance économique», a-t-il renchéri.

Il a insisté sur la portée stratégique de la réunion de Dakar martelant sur le fait que  la réunion préparatoire de haut niveau qui les réunit, près d’un an avant la conférence, avec des thèmes clairs et un leadership engagé, n’est pas une simple formalité ; mais plutôt stratégique, volontaire et représente une opportunité que les membres  ne doivent pas laisser passer.

Plaidoyer pour maintenir l’eau au cœur de l’agenda climatique international

Insistant sur l’interdépendance entre eau et climat, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour que l’eau demeure au cœur de l’agenda climatique international. « Investir dans l’eau revient à investir dans la résilience climatique, la prévention des conflits et la stabilité mondiale, au-delà du simple financement des infrastructures » a-t-il expliqué.

Le président sénégalais s’est également félicité de la proclamation de 2026 comme « Année de l’eau en Afrique » par l’Union africaine, y voyant la traduction d’une ambition continentale de faire de l’eau un levier stratégique de transformation sociale, économique et environnementale, en cohérence avec l’Agenda 2063.

Conscient des enjeux géostratégiques liés à la ressource, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’engagement du Sénégal en faveur de l’hydrodiplomatie saluant la co-coordination de la Conférence de 2026 avec les Émirats arabes unis comme un symbole d’un multilatéralisme fondé sur la coopération et la recherche de solutions pacifiques afin de faire de l’eau un facteur de paix et de développement, et non de conflit.

Il a enfin insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue des financements, incluant des mécanismes concessionnels et innovants, tout en prenant en compte le poids de la dette des pays les plus vulnérables. « Investir dans l’eau, c’est investir dans un bien public mondial », a-t-il affirmé.

« Le processus est désormais en marche, et nous avançons avec une dynamique totale pour faire de cette conférence un événement transformateur, capable de remettre le monde sur la bonne voie face aux défis mondiaux liés à l’eau », a indiqué Abdulla Balalaa, appelant à une mobilisation collective dépassant les seuls États.

La Conférence de 2026 devra ainsi déboucher sur une meilleure coordination des initiatives, une mobilisation accrue des financements, y compris concessionnels et innovants, et des solutions adaptées aux réalités des pays les plus vulnérables.

« Cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les co-hôtes de la conférence, mais sur chacun d’entre nous », a insisté Abdulla Balalaa, ministre adjoint émirati.

« La Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 est notre moment collectif, une occasion rare de changer durablement la trajectoire de l’eau dans l’agenda mondial. Nous ne pouvons pas nous permettre de la laisser passer », a-t-il conclu.

Les travaux de Dakar visent à structurer les six dialogues interactifs de la Conférence de 2026, autour de l’eau pour les populations, la prospérité, la planète, la coopération, les processus multilatéraux et les investissements. ACP/C.L.

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