Kinshasa, 27 mars 2026 (ACP).- Le gouvernement malien a exprimé ses préoccupations face aux répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie nationale, misant sur un dispositif de veille pour préserver ses secteurs stratégiques, dans un contexte de forte dépendance aux échanges régionaux, ont rapporté vendredi les médias internationaux.
«Cette situation pourrait affecter les chaînes d’approvisionnement reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, avec des conséquences sur l’accès aux produits pétroliers et aux denrées de première nécessité», a déclaré Moussa Alassane Diallo, ministre Malien de l’Industrie et du Commerce.
«La crise régionale s’inscrit dans un contexte d’instabilité persistante dans le Golfe, avec des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un axe stratégique par lequel transite une part significative du commerce mondial de pétrole, faisant planer des risques sur les approvisionnements énergétiques des pays importateurs comme le Mali», a-t-il ajouté.
Selon les sources, cette vulnérabilité est accentuée par la forte dépendance du Mali vis-à-vis des corridors commerciaux régionaux, notamment avec le Sénégal.
D’après le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Mali a été le premier client du Sénégal en janvier 2026, absorbant 17,5 % des exportations sénégalaises, dans un volume global d’exportations évalué à 412,6 milliards de FCFA.
Cette position centrale illustre l’importance stratégique des flux commerciaux entre les deux pays, en particulier pour les produits énergétiques, alimentaires et manufacturés.
Notons que pour anticiper les effets combinés de ces dépendances et des tensions internationales, un plan de riposte articulé autour de dix axes a été élaboré en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances.
Il prévoit un dispositif de suivi basé sur des indicateurs assortis de seuils d’alerte, permettant au gouvernement d’ajuster ses mesures en fonction de l’évolution de la situation.
Cette vigilance intervient dans un contexte national déjà marqué par des tensions sur les circuits d’approvisionnement en carburant, en lien avec les attaques visant les convois logistiques. Ces derniers mois, une amélioration relative de la situation a toutefois été observée sur certains axes.
Selon des informations non officiellement confirmées, cette accalmie serait liée à des négociations entre les autorités maliennes et des groupes jihadistes, qui auraient conduit à la libération d’une centaine de combattants. Les autorités de la Transition n’ont, à ce stade, pas confirmé ces éléments.
Dans ce double contexte de pressions externes et internes, le gouvernement entend renforcer la résilience de l’économie nationale et sécuriser les circuits d’approvisionnement stratégiques.
Le détroit d’Ormuz est fermé aux navires venant des ports liés à l’ennemi
Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit d’Ormuz, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à «l’ennemi», ont rapporté les médias internationaux.
«Le passage de tout navire provenant ou à destination de ports appartenant aux alliés et aux soutiens des ennemis américains et israéliens est interdit», ont déclaré les gardiens de la révolution.
«Deux porte-conteneurs géants du transporteur maritime chinois Cosco, bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, ont dû rebrousser chemin», a ajouté la plateforme de suivi maritime Kpler.
Selon les sources, jusqu’à présent, l’Iran avait autorisé des navires appartenant à des armateurs chinois à franchir le détroit. De son côté, le président américain Donald Trump avait assuré jeudi que l’Iran avait laissé passer «dix navires» par le détroit d’Ormuz, voie névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures, y voyant un « cadeau » de Téhéran. ACP/ODM

