France-Chine: Emmanuel Macron plaide pour un «rééquilibrage» des relations commerciales

Kinshasa, 03 décembre 2025 (ACP).- Le président français a plaidé, mercredi, à Pékin la nécessité de rééquilibrer les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et attirer les investissements chinois en France, ont rapporté les medias internationaux.

«L’Élysée espère profiter de ce moment pour convaincre la Chine de la nécessité de rééquilibrer les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et attirer les investissements chinois en France », a déclaré le président français.

«Nous ne pouvons pas simplement être des consommateurs de produits chinois. La France accuse un déficit commercial de 47 milliards d’euros avec Pékin, le double de ce qu’il était il y a dix ans. Même l’Allemagne exportera cette année davantage de produits chinois qu’elle n’exportera en Chine», a-t-il ajouté.

L’Élysée espère profiter de ce moment pour convaincre Xi Jinping de la nécessité de rééquilibrer les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et attirer les investissements chinois en France.

Attirer les investissements chinois en France et en Europe

Emmanuel Macron sera reçu, jeudi, au Palais du peuple par son homologue chinois Xi Jinping. Un entretien bilatéral d’une trentaine de minutes est prévu entre les deux dirigeants, rejoints ensuite par plusieurs ministres. Puis les deux hommes participeront à une réunion formelle du conseil d’entreprises franco-chinois. Près de quarante chefs d’entreprises font partie de la délégation française. Parmi eux, on peut citer les patrons de Veolia, Danone, EDF, Orano, Airbus, Rodolphe Saadé, le PDG de CMA CGM, Arthur Mensch, directeur général de Mistral AI ou encore des représentants des filières agricoles.

Il est loin, le temps où les entreprises européennes partaient « à la conquête du marché chinois ». Désormais, l’enjeu n’est plus seulement de signer des contrats pour les entreprises françaises, mais d’attirer les investissements chinois en France. « La Chine a beaucoup profité d’investissements européens, y compris français, au début du siècle, il est aujourd’hui normal que nos entreprises puissent coopérer avec les entreprises chinoises là où celles-ci ont un temps d’avance », souligne-t-on du côté de l’Élysée, citant la mobilité électrique et les énergies vertes. À condition que cela ne touche pas aux intérêts nationaux et que cela s’accompagne d’un transfert de technologies.

Défense du statu quo sur le dossier Taïwan

La diplomatie ne sera pas pour autant complètement oubliée du séjour. Emmanuel Macron et Xi Jinping devraient ainsi évoquer la situation au Proche-Orient et le dossier ukrainien. La France espère toujours que Pékin use de son influence et de sa proximité avec Moscou pour convaincre la Russie d’accepter un cessez-le-feu et de négocier de bonne foi. Une position défendue par les Occidentaux de longue date, sans grand résultat pour le moment. « La diplomatie consiste à engager les partenaires. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut s’arrêter », balaye-t-on à l’Élysée.

Enfin, sur Taïwan, en plein regain de tensions après les déclarations de la nouvelle Première ministre japonaise, Emmanuel Macron ne devrait prendre aucun risque. Lors de sa dernière visite en 2023, il avait suscité un certain émoi, notamment outre-Atlantique en expliquant que sur ce sujet, la France ne devait pas être « suiviste » des États-Unis. Cette fois, il devrait s’en tenir à la stricte doctrine de la diplomatie française en la matière, à savoir un appel à la retenue et une défense du statu quo.

ACP/UKB

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