Kinshasa, 02 avril 2026 (ACP).- Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a affirmé jeudi que la région se trouve au bord d’une guerre plus large aux conséquences mondiales, après deux mois de conflit au Moyen-Orient, ont rapporté les medias internationaux. « Chaque jour de guerre aggrave les souffrances humaines. La région se trouve au bord d’une guerre plus large aux conséquences mondiales», a déclaré António Guterres.
Il a dénoncé l’intensification des attaques indiscriminées, le ciblage de civils et la destruction d’infrastructures essentielles.
« Le conflit au Moyen-Orient est entré dans son deuxième mois, faisant craindre une escalade incontrôlable », a-t-il ajouté.
Le chef de l’ONU a appelé à un arrêt immédiat des hostilités, exhortant les États-Unis et Israël à mettre fin à la guerre et l’Iran à cesser ses attaques contre ses voisins.
« Des efforts diplomatiques sont en cours pour ouvrir une voie vers la paix », a-t-il précisé, annonçant l’envoi de son envoyé personnel, Jean Arnault, dans la région.
« Ces initiatives doivent s’appuyer sur le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies », a-t-il dit.
Il a également précisé que, les conflits ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes, ils prennent fin lorsque les dirigeants choisissent le dialogue plutôt que la destruction. Ce choix doit être fait maintenant.
« Les conflits ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes. Ils prennent fin lorsque les dirigeants choisissent le dialogue plutôt que la destruction. Ce choix doit être fait maintenant », a conclu M. Guterres.
Au moment où le Secrétaire général lançait cet appel, le Conseil de sécurité tenait une réunion sur la coopération entre l’ONU et le Conseil de coopération du Golfe, une organisation régionale regroupant l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Qatar. Jeudi après-midi, une autre réunion était prévue sur la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes.
Faisant le point de la situation devant les membres du Conseil lors de la réunion du matin, le Sous-Secrétaire général de l’ONU, Khaled Khiari, a prévenu que « le Moyen-Orient se trouve au bord d’un dangereux précipice ».
Risque d’une flambée de la faim dans le monde
En écho aux propos du Secrétaire général, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que les premiers impacts de la crise au Moyen-Orient rappellent ceux observés au début de la guerre en Ukraine en 2022, lorsque les perturbations de l’approvisionnement avaient entraîné une forte hausse des prix alimentaires.
Si la crise perdure, on estime que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë cette année.
Le PAM prévoit une recrudescence de la faim aiguë liée au conflit, sur la base de modélisations analysant la répercussion de la flambée mondiale des prix de l’énergie sur les coûts alimentaires nationaux.
Au cours de la nuit et de la journée de jeudi, de nouvelles frappes meurtrières ont été signalées à travers le Moyen-Orient, propulsant le prix du pétrole brut jusqu’à 107 dollars en début de séance. Les espoirs d’une fin rapide du conflit se sont amenuisés alors que le Président américain Donald Trump a évoqué mercredi soir encore « deux à trois semaines » d’attaques, parallèlement à des discussions « en cours » avec Téhéran.
Les répercussions économiques se font déjà sentir bien au-delà du Moyen-Orient. La perturbation de la navigation maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz, entraîne une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, affectant particulièrement les populations les plus vulnérables, des Philippines au Sri Lanka en passant par le Mozambique. ACP/

