Kinshasa, 3 février 2026 (ACP/IRNA).- Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant toutes «demandes déraisonnables», a rapporté l’agence iranienne de presse.
«J’ai mandaté le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, pour des négociations directes et «équitables» avec les Etats-Unis, à condition qu’existe un environnement approprié, sans menaces ni demandes déraisonnables», a déclaré Massoud Pezeshkian.
Les pays médiateurs aident notamment à finaliser le cadre de pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran qui n’ont pas relation diplomatique directe depuis quatre décennies, a expliqué le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
Ces discussions, organisées grâce à la médiation de l’Egypte, du Qatar, d’Oman et de la Turquie, auraient «probablement» lieu vendredi, en Turquie.
« Libérer les prisonniers »
Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser d’abord à «mettre fin à cette répression», qui a fait des milliers de morts selon les ONG de défense des droits. La diplomatie française a aussi appelé à «libérer les prisonniers, rétablir les communications, rendre sa liberté au peuple iranien» avant de «traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes».
L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées, et a pu confirmer 6.854 morts dans la mobilisation, en grande majorité des manifestants.
« Pas d’armes nucléaires »
Les pays occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément. Des négociations entre les deux pays s’étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l’enrichissement d’uranium.
Les Etats-Unis ont demandé que l’Iran y renonce totalement, ce à quoi Téhéran se refuse, invoquant son droit au nucléaire civil en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.
«Le président Trump dit +pas d’armes nucléaires+ et nous sommes tout à fait d’accord avec ce point. (…) en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions. Cet accord est donc possible. Ne parlons pas de choses impossibles », a insisté Araghchi, dont le pays a aussi exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.
La République islamique avait conclu en 2015 un accord encadrant strictement ses activités nucléaires, mais celui-ci était devenu caduc après un retrait unilatéral américain ordonné par Donald Trump lors de son premier mandat en 2018.
ACP/ODM

