Kinshasa, 10 avril 2026 (ACP).- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé vendredi
l’Espagne d’«hostilité» envers son pays et a annoncé l’exclusion de Madrid du mécanisme de surveillance
international de la trêve dans la bande de Gaza, ont écrit les médias internationaux.
«L’Espagne a choisi d’être contre Israël de façon répétée (…) Ceux qui attaquent l’Etat d’Israël au lieu de
s’en prendre aux régimes terroristes ne seront pas nos partenaires pour façonner l’avenir de la région»,
a déclaré Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien.
«J’ai donc ordonné aujourd’hui d’exclure les représentants espagnols du centre de coordination de
Kiryat Gat, mis en place sous supervision américaine pour surveiller le cessez-le-feu entré en vigueur le
10 octobre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza», a-t-il ajouté.
Selon les mêmes sources, le Premier ministre israélien a accusé Madrid, avec qui son pays entretient des
relationsexécrables, de faire preuve d’«hypocrisie» et d’«hostilité», et de «diffamer les soldats de l’armée
israélienne».
Le Centre de coordination militaro-civile (CCMC) est un organisme de surveillance sous supervision
américaine de la fragile trêve.
Outre quelque 200 militaires américains, y participent des représentants de plusieurs pays, dont la France, la Grande-Bretagne, les Emirats arabes unis… Ils sont chargés de surveiller la trêve mais aussi superviser la livraison d’aide humanitaire dans le territoire dévasté par deux ans de guerre.
Des représentants espagnols participaient aussi jusqu’à présent au CCMC, basé à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël.
Par ailleurs, les relations entre Israël et l’Espagne sont au plus bas depuis la reconnaissance par Madrid
d’un Etat palestinien en 2024, et les deux pays ont chacun rappelé leurs ambassadeurs respectifs. Le
Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, l’un des critiques les plus virulents de la guerre menée par
Israël à Gaza, s’est également opposé à la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran lancée
le 28 février.
Madrid avait, pour sa part, fermé son espace aérien aux avions américains impliqués dans cette guerre
et a jugé mercredi «inacceptable» qu’Israël poursuive les combats au Liban après la trêve convenue
entre Washington et Téhéran.
Notons que l’Espagne n’a établi des relations diplomatiques avec Israël qu’en 1986, après la mort en
1975 du dictateur Francisco Franco, qui n’avait jamais reconnu le pays et entretenait des liens diplomatiques plus étroits avec les États arabes. ACP/ODM

