Kinshasa 31 mars 2026 (ACP).- Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mardi qu’Israël allait établir une «zone tampon» dans le sud du Liban et en conserver le contrôle « jusqu’au fleuve Litani, ont indiqué les medias internationaux.
«À la fin de l’opération, Tsahal se positionnera dans une zone de sécurité à l’intérieur du Liban. L’armée israélienne contrôlera militairement toute la zone jusqu’au Litani, y compris les ponts du Litani qui restent», a déclaréIsraël Katz.
«Les habitants libanais déplacés du Sud ne pourraient pas rentrer tant que la sécurité des résidents du nord d’Israël ne serait pas garantie. Les maisons des villages libanais proches de la frontière seraient détruites», a-t-il ajouté.
Le ministre de la Défense a décrit publiquement un dispositif territorial précis, adossé au Litani, soit bien au-delà de la ligne frontalière.
Israël Katz a affirmé que plus de 600.000 habitants du sud du Liban évacués vers le nord ne seraient pas autorisés à revenir tant que la sécurité des communautés israéliennes frontalières ne serait pas assurée. Cette formulation place la question des déplacés au centre de la stratégie israélienne annoncée. Elle lie directement le retour des civils libanais à l’objectif militaire fixé par Israël sur sa frontière nord.
Une annonce dans le prolongement d’une extension des opérations
Cette déclaration intervient après une nouvelle étape franchie par le gouvernement israélien ces derniers jours. Le 29 mars, Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée d’élargir encore les opérations dans le sud du Liban face aux tirs du Hezbollah.
Le Premier ministre israélien voulait étendre ce qu’il présentait comme une bande de sécurité déjà existante le long de la frontière.
Quelques jours auparavant, Israël Katz avait déjà indiqué que l’armée contrôlerait la zone de sécurité jusqu’au Litani. Son intervention de mardi confirme donc publiquement cette orientation et la précise davantage, en y ajoutant deux éléments majeurs : l’interdiction de retour des déplacés libanais et la destruction annoncée des maisons des villages frontaliers.
Le Litani au cœur du dispositif annoncé
Le fleuve Litani constitue le repère territorial mentionné par le ministre israélien. Reuters rappelle que ce cours d’eau rejoint la Méditerranée à environ 30 kilomètres au nord de la frontière israélienne. En fixant ce seuil, Israël désigne un espace large du sud du Liban comme zone à contrôler militairement.
Cette référence n’est pas nouvelle dans le discours sécuritaire israélien, mais elle prend une portée particulière dans le contexte actuel. Elle donne une limite géographique claire à la « zone tampon » décrite par le ministre de la Défense. Elle sert aussi de base à la position israélienne sur le retour des civils libanais déplacés.
«Nous sommes déterminés à séparer le Liban de la scène iranienne à arracher les dents du serpent et à retirer au Hezbollah sa capacité de menace, et à changer une bonne fois pour toutes la situation au Liban», a fait savoir le ministre.
Cette occupation annoncée du Sud-Liban était redoutée par plusieurs observateurs. Déjà, en 1982 Israël l’avait occupé militairement jusqu’à son retrait en 2000, après l’élection d’Ehoud Barak comme premier ministre israélien.
ACP/ODM

