Kinshasa, 1er février 2026(ACP).- La Confédération des États du Sahel (AES) a condamné l’attaque survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier contre la base aérienne 101 et l’aéroport international de Niamey, dénonçant une tentative de déstabilisation coordonnée par des « sponsors étatiques étrangers », ont rapporté dimanche les médias internationaux.
« C’est une attaque barbare, lâche et préméditée et y a vu une tentative de déstabilisation orchestrée par des sponsors étatiques étrangers », a déclaré le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération.
Il a ajouté que les assauts ont visé non seulement des installations militaires mais également des infrastructures civiles, mettant en danger les populations locales.
Le président en exercice de l’AES a affirmé que cet événement ne peut être considéré comme un acte isolé pour l’organisation, l’attaque s’inscrit dans une « stratégie de déstabilisation » soutenue par des réseaux multiformes de financements et de logistique.
« Les auteurs de ces violences, ainsi que leurs complices financiers et logistiques, répondront de leurs actes », a averti le Capitaine Traoré, réaffirmant l’unité et la vigilance des États membres dans la lutte coordonnée contre le terrorisme.
La Confédération a également exprimé sa « solidarité totale » au gouvernement nigérien et à ses Forces de défense et de sécurité (FDS), assurant que rien ne saurait entamer la détermination des trois pays à défendre leur souveraineté et leur indépendance réelle.
Le Bénin et la Côte d’Ivoire réagissent aux accusations du président nigérien
Par ailleurs, le Bénin et la Côte d’Ivoire, ont réagi aux accusations du président nigérien Abdourahmane Tiani, qui les avait désignés comme « sponsors » de l’attaque. Le Bénin a rejeté catégoriquement ces allégations. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a déclaré : « Les Nigériens eux-mêmes n’y croient pas. Sur les réseaux sociaux, les citoyens nigériens disent : laissez le petit Bénin tranquille, nous savons que les Béninois sont nos frères, nos amis ».
Il a précisé que le pays poursuivra ses efforts sécuritaires et n’accordera « aucun temps à perdre avec des gens dont la seule vocation est de nous empêcher d’avancer ».
De son côté, la Côte d’Ivoire a convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan et exprimé sa « vive indignation ». Le ministère des Affaires étrangères a condamné des propos jugés contraires aux usages diplomatiques et portant atteinte à l’honneur du président Alassane Ouattara et du peuple ivoirien. Abidjan a rappelé son attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région et a remis une note de protestation formelle au diplomate nigérien, se réservant le droit de tirer toutes les conséquences nécessaires.
Cette attaque revendiquée vendredi par le Groupe État islamique (EI) qui l’attribue à sa filiale au Sahel, et les tensions diplomatiques qui en découlent, interviennent dans un contexte régional déjà fragilisé par la montée de l’insécurité et les tentatives de déstabilisation au Sahel, renforçant la nécessité d’une coordination régionale forte pour protéger les États et leurs populations. ACP/C.L.

