Kinshasa, 03 mars 2026 (ACP).- Legouvernement iranien a mis en garde mardi les pays européens contre toute implication dans la guerre l’opposant à Israël et aux États-Unis, après que Berlin, Paris et Londres se sont dits prêts à des « actions défensives » pour détruire les capacités militaires iraniennes, ont rapporté les médias internationaux.
«Toute actions défensives engagées par Paris, Londres ou Berlin pour détruire les capacités militaires iraniennes seraient considérées comme un acte de guerre», a déclaré Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
«Ce serait un acte de guerre. Tout acte de ce type contre l’Iran serait considéré comme un geste de complicité avec les agresseurs», a-t-il ajouté.
Dimanche, les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dits prêts à des « actions défensives nécessaires et proportionnées » face aux ripostes iraniennes, afin de « détruire à la source » les capacités militaires de Téhéran.
«Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones», avait mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances.
Les dirigeants européens se sont dits « consternés » par ces attaques « à l’aveugle et disproportionnées », qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l’opération militaire.
De son côté, le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a répété que « la France fera toujours tout ce qu’il faut pour se défendre » et « est prête à contribuer à des opérations défensives » avec ses alliés du Golfe.
«Des Rafale français basés à Abou Dabi ont été « mobilisés pour assurer la sécurité » de « l’emprise » de la France. « Ils ont conduit leurs opérations de sécurisation du ciel au-dessus de nos bases et donc des Émirats», a-t-il dit.
Pour sa part, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé que Les Etats-Unis et Israël doivent « s’attendre à des attaques punitives en continu.
« L’ennemi doit s’attendre à des attaques punitives en continu ; les portes de l’enfer s’ouvriront un peu plus à chaque instant sur les États-Unis et Israël », a martelé Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens.
Téhéran demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir pour arrêter la guerre
L’Iran a appelé mardi le Conseil de sécurité des Nations Unies à agir pour arrêter la guerre opposant la République islamique aux États-Unis et à Israël.
«S’il le souhaite, le Conseil de sécurité peut agir et a un devoir en ce sens», a estimé Ismaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien.
«Il n’y a pas d’obstacle à son action, excepté sa propre volonté», a-t-il jugé.
L’Onu profondément choqué par l’impact sur les civils
Le chef des droits de l’homme de l’OnuVolker Türk est «profondément choqué par les conséquences des hostilités généralisées sur les civils et les infrastructures civiles depuis le début du conflit samedi.
Il a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à prévenir toute nouvelle escalade et à prendre toutes les mesures possibles pour protéger les civils.
«Les attaques dirigées contre des civils ou des biens civils, ainsi que les attaques indiscriminées, constituent de graves violations du droit international humanitaire et peuvent être qualifiées de crimes de guerre», a indiqué Volker Türk.
Au sujet du bombardement, samedi, qui selon Téhéran a fait plus de 100 morts dans une école du sud de l’Iran, le Haut-Commissaire «demande une enquête rapide, impartiale et approfondie sur les circonstances de cette attaque».
Au moins 780 personnes ont été tuées à travers L’Iran depuis le début des frappes américaines et israéliennes, a annoncé le Croissant-Rouge iranien, mardi. Selon l’ONG iranienne basée aux États-Unis, Hrana, près de 1000 autres ont été blessées.
Le Haut-Commissariat a aussi indiqué être profondément préoccupé par l’escalade des hostilités au Liban et leur impact sur les civils et les infrastructures.
Une cinquantaine de navires français bloqués dans le Golfe
Par ailleurs, le délégué général d’Armateurs de France, Laurent Martens, a indiqué que entre 50 et 55 navires sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises sont encore bloqués dans le Golfe en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz.
«Il y en a une dizaine de moins que dimanche, ceux-ci étaient en amont du détroit et ont pu faire demi-tour», a expliqué M. Martens.
«Les bateaux toujours coincés derrière le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial, sont bien identifiés à l’ancre au mouillage dans les zones les moins à risque du secteur», a-t-il ajouté.
«Il s’agit principalement de porte-conteneurs, de navires de services et de navires qui desservent des plateformes pétrolières», a détaillé Laurent Martens.
«Un petit nombre» de bateaux destinés au transport de gaz, a également été recensé par Armateurs de France.
Le détroit d’Ormuz, d’une largeur d’à peine 50 km, borde les côtes de l’Iran et celles du sultanat d’Oman.
En représailles après les frappes américaines, les Gardiens de la révolution iraniens ont fermé ce passage particulièrement crucial pour le transport maritime de pétrole: environ 20% de la production mondiale d’or noir y transite chaque année.
Un général des gardiens de la révolution a menacé de «brûler tout navire» tentant de franchir le détroit d’Ormuz» et de bloquer toute exportation pétrolière du Golfe.
ACP/ODM

