Kinshasa, 28 avril 2026 (ACP).- Le chef de l’État libanais a affirmé lundi que les négociations directes avec Israël ne constituent pas une trahison, après l’appel du chef du Hezbollah, Naïm Kassem aux autorités libanaises à revenir sur leur décision de mener les pourparlers avec Tel-A viv, ont rapporté les médias internationaux.
« La trahison est commise par ceux qui entraînent leur pays dans la guerre pour servir des intérêts extérieurs. Ceci plonge le Liban dans l’instabilité », a déclaré Joseph Aoun, chef de l’État libanais.
« Certains nous reprochent d’avoir décidé d’y recourir au motif de l’absence de consensus national. Lorsque vous avez choisi la guerre, avez-vous d’abord obtenu ce consensus ?… », a-t-il ajouté.
Les autorités libanaises affirment que l’objectif des négociations est de mettre fin à la guerre, d’obtenir le retrait d’Israël du sud du Liban et de permettre le retour des déplacés dans leurs régions, dont le nombre est estimé à plus d’un million.
Le Hezbollah refuse « catégoriquement » les négociations directes avec Israël
Par ailleurs, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu’elles risquaient d’entraîner le Liban dans un « cycle d’instabilité ».
« Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d’éviter une erreur dangereuse qui entraîne le pays dans un cycle d’instabilité », a déclaré
Naïm Qassem, chef du Hezbollah.
« Ces négociations et leur résultat sont comme inexistants et ne nous concernent ni de près, ni de loin. Nous poursuivons notre résistance pour défendre le Liban […] et nous ne reculerons pas face aux menaces israéliennes », a-t-il ajouté.
Le Hezbollah refuse cette partie de l’accord et critique le fait qu’il n’ait pas été soumis au vote au sein du gouvernement libanais, où le groupe est représenté.
« Nous ne renoncerons pas à nos armes […] et l’ennemi israélien ne restera sur aucune parcelle de notre territoire occupé », a-t-il poursuivi.
Le mouvement chiite a également continué de revendiquer des attaques intermittentes contre des positions israéliennes sur le sol libanais et le lancement de roquettes et de drones vers le nord d’Israël.
Pour rappel, Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre Tel-Aviv, en soutien à l’Iran visé par une offensive israélo-américaine.
Ces pourparlers ont abouti d’abord à l’annonce par le président américain Donald Trump, d’une trêve de dix jours entrée en vigueur le 17 avril dernier, qui a ensuite été prolongée de trois semaines à l’issue de la deuxième session de discussions.
Avant les discussions sous l’égide des États-Unis, les premières du genre depuis 1993, Israël avait affirmé ne pas avoir de « désaccords sérieux » avec le Liban, l’appelant à « travailler ensemble » contre le Hezbollah. ACP/C.L

