Kinshasa, 28 juin 2026 (ACP).-Le chef de l’armée ougandaise a ordonné dimanche la fermeture du principal groupe de médias indépendant de son pays, après l’arrestation, sous son commandement, de responsables politiques et de militants, ont rapporté les médias internationaux.
« NTV et Monitor sont fermés à partir d’aujourd’hui !(…), en Ouganda, je ne crois pas à la liberté de la presse ! La presse devrait être guidée par des cadres de la révolution », a déclaré Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise.
« Ni NTV ni Monitor ne rouvriront sans ma permission… Désormais, tous les médias en Ouganda devront respecter les règles ! »,a-t-il ajouté.
Selon les sources, le chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, qui est aussi le fils du président, Yoweri Museveni, a affirmé depuis ces derniers mois son emprise croissante sur le pays, en ordonnant l’arrestation de responsables politiques et de militants, et désormais la fermeture de médias.
Son père, président depuis 1986, a été réélu pour un septième mandat en janvier, mais beaucoup considèrent que Muhoozi Kainerugaba se positionne pour lui succéder.
Le chef de l’armée ougandaise a précisé que son « plan » de fermeture avait été « approuvé » par son père.
Le principal groupe de médias indépendant d’Ouganda a dit être « assiégé par l’armée », après que le chef de cette dernière a ordonné la fermeture de sa chaîne de télévision, de ses journaux et de ses stations de radio.
« NTV Uganda et Spark TV contraints d’arrêter leur diffusion alors que le Daily Monitor est fermé sur ordre du général Muhoozi », a posté le journal, sur X.
Il sied de noter que les chaînes ont cessé d’émettre aux premières heures de dimanche. « Vidéo indisponible », pouvait-on lire sur leurs canaux de diffusion habituels. Et d’autres médias du groupe, notamment Dembe FM, KFM et The East African, ont également été touchés.
« Nous avons été fermés par l’armée, tant au niveau des studios qu’au niveau des bureaux de NTV », a ajouté le groupe de médias indépendant.
« Personne n’est autorisé à entrer ou à sortir. Ceux qui travaillaient la nuit dernière ont reçu l’ordre de partir de la part de l’armée », a précisé la source.
Lancé en 1992, le Daily Monitor est devenu l’un des journaux indépendants les plus influents d’Ouganda, et a souvent été perçu comme une source d’irritation par le gouvernement de Yoweri Museveni. Le journal avait notamment été suspendu pendant treize jours en 2013, après avoir fait état d’un complot présumé visant à préparer Muhoozi Kainerugaba à succéder à son père. ACP/

