Kinshasa, 08 janvier 2026(ACP).- Le président français a dénoncé jeudi le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme dans les relations internationales, visant notamment la politique étrangère de Donald Trump qui se détourne progressivement de certains alliés et s’affranchit des règles internationales, ont informé les médias étrangers.
«Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme», a déclaré Emmanuel Macron.
«Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde», a-t-il ajouté.
Le président français a défendu, devant les ambassadeurs français ce «monde qui se dérègle», ce qu’il appelle un «multilatéralisme efficace». Et il a également plaidé pour que les grandes puissances du G7, un cénacle présidé cette année par la France, s’unissent avec les grands pays émergents pour réformer la gouvernance mondiale et l’ONU.
Une référence notamment au coup de force mené par Washington pour capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro, et aux revendications répétées du président américain visant le Groenland.
Le président français a aussi évoqué une «agressivité néocoloniale» de plus en plus présente.
Il y a un an, le chef de l’État avait pourfendu une «internationale réactionnaire» soutenue par le milliardaire Elon Musk, mais avait défendu la nécessité pour la France et l’Europe de «savoir coopérer» avec Donald Trump.
Cette année, il est allé plus loin dans la critique de la diplomatie trumpiste, sans néanmoins plaider la rupture avec la première puissance mondiale. Il a exhorté ses diplomates à ne pas se contenter d’être «les commentateurs» de ce que «font tous les autres», «les spectateurs de ce qui se détricote». «C’est l’inverse! On n’est pas là pour commenter, on est là pour agir!», a-t-il martelé.
«Double problème»
Selon Macron, «ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens» en termes «d’autonomie stratégique» accrue face aux États-Unis et à la Chine, en matière commerciale comme de sécurité.
Sur le commerce, «on a un double problème, l’agressivité chinoise et les tarifsaméricains», et «c’est un gros problème d’avoir les deux en même temps», a estimé Emmanuel Macron, prônant un agenda «accéléré» à déployer dès cette année de préférence européenne et de simplification au sein des Vingt-Sept.
Alors que la France vient de prendre la présidence du G7 (qui réunit aussi les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon et le Canada), il a réaffirmé vouloir en faire un rendez-vous pour combattre les «déséquilibres mondiaux» de manière «coopérative», notamment avec la Chine.
Il a d’ailleurs prévenu que le G7 ne devait surtout pas devenir «un club anti-Brics», cet autre cénacle qui réunit les «grands émergents» comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine.
Au contraire, il a dit vouloir, que le sommet du G7 en juin à Evian, dans les Alpes françaises, soit l’occasion «enfin» d’essayer de faire «ensemble» avec les pays émergents «cette réforme de la gouvernance mondiale» et des Nations unies qui est devenue un vrai serpent de mer. «Moi, je ne peux pas m’habituer à ce qu’on est en train de vivre», a lâché Emmanuel Macron.
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