Soudan: l’ONU alerte sur une nouvelle «catastrophe» endroits humains à El-Obeid

Kinshasa, 3 juillet 2026 (ACP).- Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a alerté vendredi la communauté internationale sur la «catastrophe» qui est en train de se dérouler à El-Obeid, grande ville du Soudan, assiégée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont rapporté les médias internationaux.

«Les signes en provenance d’El-Obeid sont clairs et sans équivoque : une nouvelle catastrophe en matière de droits humains est en train de se jouer au Soudan, cette fois dans la capitale de l’Etat stratégique duKordofan-Nord», a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

«C’est une alerte rouge qui doit parvenir aux chefs d’Etats et de gouvernements du monde entier. Leurstéléphones devraient surchauffer dans les jours et les semaines à venir, avec des idées sur la manière de prévenir les atrocités à El-Obeid et ailleurs au Kordofan, où les mêmes méthodes sont à l’œuvre», a-t-il ajouté.

En effet, cette déclaration intervient à l’ouverture d’un débat urgent sur le Soudan au Conseil des droits de l’homme à Genève, réclamé par courrier à la présidence du Conseil, en session jusqu’à la semaine prochaine, parle Royaume-Uni avec le soutien de l’Allemagne, de l’Irlande, des Pays-Bas et de la Norvège, qui présenteront aux 47 pays membres un projet de résolution pour réclamer une «désescaladeimmédiate».

Depuis plusieurs jours, l’Onu, des ONG et divers gouvernements s’inquiètent d’une possible attaque imminente à El-Obeid similaire à celle qui avait conduit à la prise d’El-Facher l’an dernier, ville du Darfour où les FSR sont accusées d’avoir commis de multiples exactions.

M. Türk a indiqué que certaines personnes vendent leurs biens pour fuir la ville, mais que le coût du transport et les attaques sur les routes empêchent beaucoup de se déplacer.

Selon lui, les personnes qui restent à El-Obeid risquent d’être détenues de façon arbitraire, tandis que celles ayant fui les zones contrôlées par les FSR et leurs alliéssont souvent accusées de collaboration, «le tout dansun contexte de montée des discours de haine».

Il a aussi appelé à s’attaquer à «l’économie de laguerre», précisant que «des acteurs nationaux etétrangers profitent du carnage».

«Depuis 18 mois, les civils vivent dans des conditionsassimilables à un siège, soumis à des frappesincessantes de drones alors que les Forces arméessoudanaises et les Forces de soutien rapide s’affrontentpour le contrôle de certaines zones», a-t-il déploré.

Il a également indiqué que le Haut-Commissariat adocumenté 15 frappes de drones sur El-Obeid et sesenvirons entre le 6 et le 28 juin dernier, qui ont tué aumoins 45 civils et en ont blessé 41, estimant toutefoisque le nombre réel de victimes civiles est probablementplus élevé.

«Dans toute la région du Kordofan, des drones lancéspar les deux camps ont à plusieurs reprises frappé des marchés, des écoles, des stationsservice, desinfrastructures hydrauliques et des véhicules civils», a-t-il poursuivi.

El-Obeid, dans la région du Kordofan, fait l’objet depuis plusieurs mois d’un siège des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023, rappelle-t-on.ACP/

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