Kinshasa, 13 mars 2026(ACP).- Un appel à la transparence dans la gestion des fonds miniers destinés aux communautés locales a été lancé vendredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo , par la ministre d’Etat aux Affaires sociales, lors d’un atelier d’évaluation du fonctionnement des organismes spécialisés dans la gestion de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières.
« J’appelle à cet atelier aux organismes spécialisés à la transparence dans la gestion des fonds destinés aux communautés locales à tous les niveaux, c’est à dire
la publication des rapports, l’accessibilité des informations, et l’implication des communautés dans le suivi. J’attends ici de cet atelier que vous puissiez proposer des pistes concrètes pour l’améliorer», a déclaré Ève Bazaiba , ministre d’Etat en charge des Affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale lors du lancement de ces assises .
Elle a egalement appelé à l’efficacité et à l’esprit de la coordination .
« Nous devons passer d’une logique des moyens à celle des résultats. Ce qui compte, c’est ce que ces fonds produisent comme changements positifs dans la vie des populations impactées » ,a-t-elle soutenu.
Cet atelier, a fait savoir Eve Bazaiba, s’inscrit dans la feuille des routes que le Comité de supervision s’est fixée.
« Les travaux visent à dresser dans le cadre de la gestion de 0,3% minimum du chiffre d’affaires pour contribuer aux projets de développement communautaire dans le secteur minier selon
un diagnostic sans complaisance de la gestion des fonds, un capital des bonnes pratiques et la formulation des recommandations opérationnelles pour améliorer la gouvernance du dispositif », a-t-elle dit.
La ministre Eve Bazaiba a aussi déploré le manque de coordination entre certains acteurs, qui conduit parfois à la duplication des projets ou à une dispersion des ressources. Elle a ainsi encouragé les organismes spécialisés à renforcer la synergie et à mutualiser certaines initiatives pour maximiser l’impact des investissements dans les zones minières.
-Tableau des réalisations des organismes spécialisés opérationnels-
Louis Watum Kabamba, ministre des Mines, a, par ailleurs , dressé lors de son intervention, un tableau des réalisations des organismes spécialisés opérationnels
établi en octobre 2025, indiquant qu’il existe 485 projets dans divers secteurs ; l’éducation, l’eau et l’énergie, l’agropastoral, la santé, les infrastructures, l’environnement, approuvés par le Comité de supervision.
Sur ces 485 projets , a-t-il révélé ; 222 projets sont entièrement achevés (100 %), 169 projets sont en cours d’exécution ,41 projets se trouvent en phase de procédure de passation des marchés publics enfin 53 autres projets ne sont pas encore lancés.
M.Watum a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre les réformes nécessaires pour faire du secteur minier, de la dotation de 0,3% du chiffre d’affaires des entreprises minières et de tous les autres paiements destinés aux communautés, un véritable moteur de développement économique et social à partir de la base.
« C’est une occasion unique que nous avons ici de prendre le destin de nos populations entre nos mains et de développer notre pays. Ici, il ne s’agit pas d’aller à la Banque mondiale, il ne s’agit pas d’aller au Fonds monétaire international, il ne s’agit pas d’aller à la Banque africaine de développement, il ne s’agit pas d’aller à l’Union européenne coupant dans la main. Ici, les moyens sont là. La balle est dans notre camps. », a-t-il conclu.
Le secteur minier , un pilier principal de l’économie de la RDC
Alice Mirimo, haute experte du Comité de supervision, a, pour sa part , indiqué que le secteur minier constitue aujourd’hui un pilier principal de l’économie de la RDC qui génère des ressources considérables qui, bien gérées, doivent servir de levier pour la transformation structurelle de la RDC et l’amélioration rapide des conditions de vie de la population.
« Sachant que les mines sont des ressources épuisables, mais elles doivent laisser dans notre pays des ouvrages, des infrastructures et des situations durables qui serviront d’alternatives après la mine.
C’est donc dans cette logique qu’est inscrit le mécanisme de responsabilité sociale des entreprises minières à travers notamment la dotation de 0,3 % minimum du chiffre d’affaires, contribution aux projets de développement communautaire dans les secteurs miniers ».,a-t-elle dit.
À ce jour, les organismes spécialisés sont installés dans cinq provinces, à savoir : le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Uélé, le Kasaï Oriental et le Nord-Kivu.
Instituée par le Code minier révisé de 2018 et précisée par ses mesures d’application, la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires est un mécanisme légal imposé aux entreprises minières opérant en République démocratique du Congo. Elle vise à financer des projets de développement communautaire durable dans les zones affectées par l’exploitation minière, en faveur des populations locales.
Cet atelier, dont les travaux se dérouleront sur trois jours, soit les 13, 14 et 16 mars 2026, réunit l’ensemble des membres des organismes spécialisés ainsi que les experts et hauts experts du Comité de supervision. ACP/LELO

