Nairobi, 27 août 2026 (ACP). – Un appel a été lancé aux gouvernements africains à protéger les dépenses sociales essentielles dans la gestion du service de la dette, selon les travaux en panel tenus jeudi à la 6eme Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI), prévu du 26 au 28 août 2026 à Nairobi, au Kenya.
« Le service de la dette ne doit pas avoir pour conséquence de réduire les ressources consacrées aux hôpitaux, aux écoles et aux autres services publics essentiels, les pays africains doivent donc protéger ces dépenses sociales », a déclaré Jason Braganza, consultant en financement du développement.
A cette occasion, cet expert indépendant a fait savoir que l’intégration des considérations sociales dans les négociations sur la dette est nécessaire afin de préserver les marges de manœuvre budgétaires des États.
« Dans les négociations avec les créanciers, le ratio entre le service de la dette et les recettes fiscales devrait être considéré comme non négociable, afin de préserver la capacité des États à financer leurs priorités sociales », a-t-il renchéri.
M. Braganza a souligné que la consolidation budgétaire ne devrait pas compromettre le financement des secteurs prioritaires, les dépenses sociales ne peuvent être sacrifier au nom de la consolidation budgétaire ou des politiques d’austérité.
En ce qui concerne la protection de l’emploi public, l’expert a indiqué que cette question est présentée comme un enjeu majeur, particulièrement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, où les suppressions de postes pourraient avoir des conséquences importantes sur l’accès aux services sociaux.
« La protection des emplois publics est indispensable, car le secteur privé africain n’a pas la capacité d’absorber les emplois qui pourraient disparaître dans les services publics, notamment dans la santé et l’éducation », a relevé M. Braganza.
En Afrique, des études ont démontré que les déficits persistants des services de base restent liés notamment à l’insuffisance des investissements publics, à la faiblesse des recettes intérieures, à la croissance démographique et aux contraintes budgétaires aggravées par le poids du service de la dette. Ces difficultés se traduisent par un accès encore limité et inégal à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité et aux infrastructures essentielles, particulièrement dans les zones rurales et les quartiers défavorisés.
Dans plusieurs pays, la réduction des marges budgétaires pousse les gouvernements à arbitrer entre le remboursement de la dette et le financement des services sociaux, au risque d’accentuer les déficits existants et de freiner les progrès en matière de développement humain. ACP/cnt@

