Kinshasa, 16 sept. 2025(ACP).– Les préoccupations du patronat congolais, notamment la fiscalité, ont été mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), au centre d’une concertation entre le gouvernement et les opérateurs économiques pour faciliter l’exercice de leurs activités économiques, a appris l’ACP de source officielle.
« Le patronat congolais a soumis au gouvernement un certain nombre de préoccupations au cours de trois derniers mois qui touchent à la fiscalité, à la protection de l’industrie locale vis-à-vis de la concurrence déloyale venant des pays voisins et de la protection des petits commerces, réservés aux Congolais. », a déclaré Daniel Mukoko, vice-Premier ministre et ministre de l’Economie nationale.
Cette rencontre, placée sous le thème « Gouvernance économique et amélioration de climat des affaires », fait suite aux échanges que le gouvernement a eu au cours des trois derniers mois avec le patronat congolais qui lui a soumis un certain nombre de préoccupations qui touchent l’exercice de ses activités économiques.
Lors de cette concertation, quatre panels ont été organisés en vue de discuter sur ces questions qui nécessitent des réponses claires de la part du gouvernement congolais. « C’est dans une ambiance d’échange franc et ouvert que nous allons continuer à aborder avec mon collègue des Finances pour que nous puissions rassurer le patronat congolais en ce qui concerne les réformes fiscales envisagées par le gouvernement pour faciliter l’exercice des activités économiques par le patronat » a indiqué Mukoko Samba. Il a promis de réunir une fois de plus le patronat congolais, particulièrement la Copemeco et la Fenapeco, pour de nouveaux échanges, en associant cette fois-ci son collègue des Finances pour échanger sur les préoccupations de cette structure.
M. John Muenda, directeur général de « Premium Food » s’est penché sur la réforme de la réglementation économique où il a plaidé sur des produits laitiers qui ne sont pas épargnés par la concurrence, pour la promotion de la production locale, c’est-à-dire les taxes qui apparaissent à l’importation des intrants de ces produits.
« Ces taxes ont été mises pour protéger notre économie, mais lorsque nous les mettons sur ces intrants, cela rend notre production locale non compétitive par rapport à celle des pays voisins », a-t-il précisé. John Muenda a, par conséquent, préconisé une taxation pour les matières premières et une autre pour les produits finis comme cela se fait sous d’autres cieux.
Pour sa part, Mme Bucumi Catherine, représentante de la Bralima, s’est appesantie sur la protection de l’industrie locale, l’impact des zones économiques spéciales sur l’industrie locale et la concurrence déloyale. Après un constat sur le secteur brassicole inondé par les produits en provenance des pays voisins de manière légale ou illégale et qui est source de la concurrence déloyale, l’oratrice a fustigé le coût élevé des droits d’accise en République démocratique du Congo qui sont les plus élevés par rapport à plusieurs pays au monde.
Ce qui rend moins compétitif les produits locaux. Ainsi, Bucumi Catherine a demandé au gouvernement de se pencher sur cette question en examinant la structure de certains prix des produits stratégiques. « Nous demandons que l’exécutif se penche sur cette question en examinant la structure de certains prix des produits stratégiques pour voir comment nous pouvons être compétitif et protéger l’industrie locale », a-t-elle plaidé. De son côté, Thierry Ngoy, administrateur délégué de la Fédération des entreprises du Congo (Fec), a, au nom du patronat congolais, remercié le vice-Premier ministre et ministre de l’Economie, pour cette initiative louable qui s’inscrit dans le cadre du partenariat et du dialogue entre les deux parties. Il a saisi l’occasion pour saluer les différentes mesures prises par le gouvernement dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires. « Nous sommes convaincus que ces mesures contribueront à réduire sensiblement le taux de contentieux au bénéfice d’un climat des affaires apaisé. Cette initiative mérite d’être pérennisée, elle constitue une graine prometteuse qui doit être cultivée par des échanges réguliers pour la production des textes juridiques reflétant fidèlement les réalités du terrain », a-t-il conclu. ACP/

