Fonaredd: validation du rapport 2025 et structuration d’un portefeuille de 635 millions USD

Kinshasa, 8 juin 2026 (ACP).– Le comité de pilotage politique du Fonds national REDD+ (Fonaredd) a validé le rapport annuel 2025 consolidé, et a structuré un portefeuille global de 635 millions de dollars américains, au cours d’une réunion tenue à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du partenariat RDC-Cafi (2021-2031), a appris lundi l’ACP de source officielle. « Le gouvernement s’est engagé à hauteur de 10 millions 900 mille dollars, nous attendons. Sur le montant global de 635 millions, l’agriculture représente 30%, soit 191 millions, suivi de l’Énergie qui est à 17%, donc 111 millions ; puis la démographie et la planification familiale ont 108 millions avec une petite quotité pour l’éducation : 1 million 500 mille », a déclaré Dolly Kenga, responsable du Portefeuille au Fonaredd.

Selon lui, ce rapport 2025 a révélé que l’agriculture, premier moteur de la déforestation en RDC capte logiquement la plus grande part des financements sectoriels. Face à ces projections, le gouvernement a réitéré sa ferme volonté d’honorer ses engagements.  En ce qui concerne la contribution du gouvernement au fonctionnement du secrétariat exécutif, M. Kenga a précisé qu’une demande de liquidation a été signée par le ministre des Finances et introduite dans la chaîne de la dépense ; pour être exécuté au cours du mois de juillet.

Pour sa part, Doudou Fwamba, ministre des Finances et président du comité de pilotage a indiqué que le gouvernement a tenu à respecter les engagements pris, soulignant que le bilan d’étape du travail du Fonaredd intègre plus de 36 programmes financés depuis 2016 à travers plusieurs provinces du pays.  « Ces interventions multi-sectorielles couvrent l’aménagement du territoire, la gestion durable des terres, la foresterie communautaire, la protection des écosystèmes et le développement d’activités économiques alternatives pour les populations riveraines des forêts », a-t-il dit.

​​Défis structurels et capacité d’absorption

Malgré ces perspectives, le Fonaredd fait face à des défis majeurs tels que la diversification des financements, la cohérence face aux initiatives parallèles et la suspension de certains programmes due à l’insécurité dans l’Est. Au sujet de la capacité d’absorption des fonds, Mme Monica Camacho, de l’Initiative pour les Forêts de l’Afrique Centrale (Cafi), s’est interrogée sur quelles mesures prises pour améliorer ces capacités, tout en saluant les appuis directs aux ONG. En réponse, le Secrétaire exécutif du Fonaredd, Bavon N’Sa Mputu, a plaidé pour une régularité institutionnelle : « Pour parler de cette capacité, il faut qu’il y ait observance de la tenue régulière des réunions des différentes structures de décision du Fonaredd. Tout ce qui est fait au niveau du Fonarred se fait de manière concertée ».

​Objectifs de terrain et réforme

​Sur le plan opérationnel, la RDC vise une réduction de 25% de l’utilisation du bois-énergie au profit des énergies renouvelables d’ici 2030, appuyée par un suivi bisannuel du couvert forestier et l’implantation de 53 000 cultures pérennes.

Par ailleurs, de nouvelles enveloppes dépassant 121 millions de dollars ont été mobilisées pour l’agriculture durable, la finance climat et la gouvernance environnementale. Ce partenariat, renforcé lors de la COP26, s’appuie sur des réformes clés (foncier, aménagement du territoire, Paiements pour services environnementaux) et le développement des marchés du carbone pour attirer de nouveaux capitaux internationaux. Devant l’urgence, la ministre des Affaires foncières a insisté sur l’impératif d’efficacité pour les communautés locales.

ACP/J B

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