Kinshasa, 28 février 2026 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers le ministre de l’Agriculture, a annoncé vendredi la relance des sites agricoles abandonnés de Lubondai et Dibaya, dans le Grand Kasai, au centre du pays, lors d’une mission d’évaluation des Programmes volontaristes agricoles, selon un communiqué consulté samedi par l’ACP.
« Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a procédé à l’évaluation de la base des Programmes volontaristes agricoles de Lubondai et Dibaya, dans l’espace Grand Kasaï, où plusieurs matériels et infrastructures sont restés inexploités depuis plusieurs mois. Il a, à cet effet, annoncé la reprise rapide des travaux, notamment le montage des usines prévues sur le site ; la récupération et la remise en service des tracteurs ainsi que la relance effective des activités agricoles», a-t-on lu dans le communiqué du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire.
Selon la source, le ministre de l’Agriculture a fait un constat amer sur l’utilisation des matériels agricoles notamment des tracteurs, des équipements et des unités industrielles, entreposés depuis plusieurs mois dans la forêt, n’ont jamais été montés ni mis en service, à la suite de contrats dont les engagements n’ont pas été honorés.
Face à la population, le ministre d’État a reconnu la gravité de la situation tout en affirmant sa détermination : « Ce que j’ai vu est sidérant. Mais je prends la responsabilité, comme ministre de l’Agriculture, de faire revivre ce site», a souligné la source.
Comme pour les sites de Nkuadi et de Mongata, le contrat avec l’opérateur actuel pourrait être interrompu afin de recruter un nouveau partenaire capable d’exécuter le projet conformément aux engagements, a fait savoir le ministre.
Il a également visité les activités du Programme national de développement agricole (PNDA) dans la région. Il s’est dit satisfait du travail réalisé, saluant un modèle basé sur l’enregistrement des producteurs, l’appui en semences améliorées et l’accompagnement technique.
Toutefois, il a souligné la nécessité de rééquilibrer le projet afin d’élargir son impact à un plus grand nombre de paysans.
Poursuivant sa mission, le ministre d’État s’est rendu au Centre d’adaptation et de production des semences améliorées (CAPSA), devenu Centre d’appui d’amélioration et de production des services agricoles (CAAPSA), du village Panya Santu, dans le territoire de Dibaya.
Sur ce site, il a encouragé la relance effective des activités agricoles et sensibilisé la population à l’importance des cultures pérennes (cacao, café, palmier à huile), considérées comme un levier stratégique pour garantir des revenus durables aux ménages ruraux.
Il a insisté sur la nécessité de combiner cultures vivrières pour l’autoconsommation et cultures pérennes pour la stabilité économique des familles.
Interrogé sur la problématique des routes de desserte agricole, le ministre d’État, ancien titulaire du portefeuille du Développement rural, a reconnu l’ampleur du défi tout en rappelant la priorité immédiate, à savoir : « Nous devons d’abord produire ce que nous allons consommer»
Il a rappelé l’existence du Programme d’appui au développement rural (PADER), initié par lui au Développement rural et destiné à la réhabilitation des routes de desserte agricole dans les bassins de production, et annoncé la récupération d’équipements pour améliorer les axes autour des sites agricoles.
Reprenant la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, le ministre d’État a lancé un appel à la mobilisation collective : « C’est le temps de la revanche du sol sur le sous-sol », a-t-il affirmé. ACP/UKB

