Infrastructures : lancement de l’évaluation des concessions routières de l’exercice 2025

Kinshasa, 15 juin 2026 (ACP).-Les travaux de comités d’évaluation des contrats et des concessions de délégation des services publics pour l’exercice 2025 ont été lancés lundi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) par le ministre des Infrastructures, a appris l’ACP de source officielle.

« En ouvrant la session, le ministre John Banza a fixé des orientations gouvernementales claires : analyser les trajectoires de chaque projet avec objectivité, lever les goulots d’étranglement et maximiser l’impact socio-économique des concessions », a renseigné le communiqué du ministère des infrastructures et travaux publics.

Selon la source, Nico Nzau, directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) a, à cette occasion dressé le bilan d’un portefeuille stratégique de 12 contrats représentant un investissement global de plus de 4,4 milliards de dollars américains. Ce programme, a-t- il précisé, vise la modernisation de 3 350 kilomètres de routes nationales (RN1, RN2, RN3, RN5, RN38, RN39) et de 250kilomètres de voiries urbaines, soulignant que 350.771.759 USD ont été injectés dans les travaux pour la seule année 2025. 

« L’année 2025 a été marquée par des avancées majeures, notamment l’élargissement en 2×2 voies de l’axe Lubumbashi-Likasi (20 km), l’asphaltage de la route Luambo-Mitwaba-Manono (148 km) et l’exploitation provisoire des corridors Tshikapa-Kamako et Likasi-Borne 32. En ce qui concerne  finances, les recettes collectées par les concessionnaires ont atteint 320.705.667 USD en 2025, portées par une croissance de 24 % sur les axes Kasumbalesa-Sakania et Likasi-Kambove », a indiqué la source. 

Le document a précisé que le ministre s’est engagé à résoudre les lenteurs étatiques liées aux exonérations fiscales et douanières qui constituent des défis persistants. 
En revanche, il a exigé aux partenaires privés de pallier leur faible mobilisation financière, déplorant l’insécurité dans l’Est du pays comme un frein majeur sur les RN2 et RN3. À terme, le ministère des infrastructures planifie déjà de nouvelles concessions, dont les axes Moanda-Yema et Mweka-Luebo-Tshikapa, a-t-on lu.

En RDC, le déficit d’infrastructures routières constitue historiquement l’un des principaux freins au développement économique et à l’unification des provinces. Face aux limites budgétaires de l’État, le recours aux concessions et aux partenariats public-privé (PPP) s’est imposé depuis deux décennies comme le modèle privilégié pour mobiliser les financements internationaux et assurer la maintenance des grands axes. 

Créée pour matérialiser les grands accords d’infrastructures, l’ACGT joue le rôle de maître d’ouvrage délégué. Ces revues annuelles sont cruciales pour réajuster l’équilibre financier des contrats entre l’État et les majors de la construction, souvent confrontés sur le terrain à des imprévus sécuritaires ou des complexités administratives. ACP/T S

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