Investissement participatif : un économiste recommande la  création d’un fonds de garantie public

Le professeur Ilonga Nkupo

Kinshasa, 14 avril 2026 (ACP)- La création d’un fonds de garantie public pour les prêts au bénéfice des Petites et moyennes entreprises en République démocratique du Congo a été recommandée mardi, à Kinshasa, par un économiste pour réduire le taux d’intérêt de crédit qui s’élève de 15 à 20% pour les banques et 40 à 50% à l’informel, lors d’un entretien avec l’ACP.

« Nous avons formulé des recommandations qui touchent directement au crowdfunding (investissement participatif) et aux Églises parmi lesquelles la création d’un fonds de garantie public pour les prêts au profit des Petites et moyennes entreprises afin de réduire les taux d’intérêt. le coût du crédit est le vrai problème qui se chiffre entre 15 à 20% en banque avec le taux de décaissement et autres, soit de 40 à 50% à l’informel », a indiqué le professeur Pépin Ilonga Nkupo, économiste  de l’Université de Mons en Belgique.

Ce financier qui est aussi spécialiste en finance alternative, a suggéré une réglementation intelligente du crowdfunding, car, dit-il, il s’observe un vide juridique à combler.


« Il faut un cadre léger, pas bureaucratique, qui protège les investisseurs sans étouffer l’innovation », a-t-il martelé.


Le Dr. Ilonga  a également recommandé la formation à la finance numérique étant donné que 80% des entrepreneurs ignorent comment utiliser le M-Pesa pour construire un historique de crédit. Sur ce, les Églises  pourraient organiser des ateliers de littératie. En outre, la création des hubs d’entrepreneuriat car les villes comme Kinshasa, Goma, Lubumbashi et Matadi ont besoin d’incubateurs et d’espaces de cowrking; les partenariats public-privé figurent parmi les recommandations formulées.

Pour cet économiste, les Églises ne sont pas directement ciblées, mais elles pourraient bénéficier de ces mesures si elles s’associent aux opérateurs agréés.

A cet effet, il a expliqué le concept « crowdfunding ou financement participatif » qui, selon lui, est le fait de récolter de petites sommes d’argent auprès d’un grand nombre de personnes, généralement via internet ou le téléphone mobile, pour financer un projet ou les PME.

Il a fait observer que les Eglises sont des lieux de mobilisation financière communautaire massive, notamment grâce aux dîmes et offrandes.

En RDC, a dit le prof. Ilonga, ce concept existe depuis longtemps sous forme informelle, en ce que la famille, les amis, l’église qui collecte des dîmes, mais à l’heure actuelle, avec le mobile money, cela prend une nouvelle dimension.

« J’ai passé 20 ans dans les banques, de Kinshasa à Paris. Mais j’ai vu un paradoxe : en RDC, les banques ne financent quasiment pas les PME, moins de 4% de pénétration bancaire alors que le mobile money explose (67% de la population a accès à M-Pesa, Airtel Money ou Orange Money) », a fait savoir le financier.

Il a souligné que le crowdfunding repose sur trois logiques distinctes : le don (donation-based): les contributeurs ne reçoivent rien en retour financier. C’est un acte de générosité, de foi ou de solidarité; le prêt (lending), c’est-à-dire, les fonds sont remboursés, parfois avec intérêts; et l’investissement en capital (equity) : les contributeurs deviennent actionnaires et attendent un rendement. Dans le contexte des églises, a-t-il poursuivi, les dîmes et offrandes relèvent clairement du donation-based. Les fidèles donnent sans attendre de retour, dans une logique spirituelle. Mais beaucoup imaginent qu’on pourrait passer au prêt ou à l’equity via les Eglises. ACP/C.L.

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