Journée mondiale de l’alimentation : appel au soutien aux réformes agricoles en RDC

Kinshasa, 11 novembre 2025 (ACP).- Un appel au soutien des réformes amorcées dans l’agriculture, a été lancé par le ministre d’Etat en charge de ce secteur aux différents acteurs pour lutter contre l’insécurité alimentaire, lors de la commémoration mardi, à Maluku, (est de Kinshasa, en République démocratique du Congo), de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA).

« Je vous demande à soutenir les réformes en cours. En tant qu’acteurs, soutenons ces réformes puisque c’est ça qui va nous aider à lutter contre l’insécurité alimentaire », a déclaré Muhindo Nzangi, ministre d’Etat de l’Agriculture.

« Nous devons nous mettre ensemble, main dans la main, pour faire des actions, pour faire en sorte que demain, les Congolais qui n’ont pas à manger puissent avoir de quoi se nourrir », a-t-il ajouté.

C’est au regard du rapport présenté par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui révèle que 26 millions de personnes en RDC n’ont pas à manger et près de 4 millions de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire aiguë.

Pour y arriver, le ministre Muhindo entend mettre une stratégie de mise en œuvre de sa révolution agricole agressive qui tient compte de quelques préalables. Il s’agit notamment de la réorganisation, entre autres, du secteur de l’agriculture ; du financement des projets agricoles ; de la cohérence de différentes initiatives dans le domaine agricole et de la redynamisation du système de vulgarisation agricole.

Pour réussir ce projet ambitieux, le ministre d’Etat a épinglé 5 facteurs qui cadrent avec les besoins de la réforme notamment, l’accès à la bonne semence agricole, la mécanisation de l’agriculture, la production, la mise en place des unités de conservation d’engrais, le stockage et la transformation des produits agricoles.

Producteurs et consommateurs, main dans la main

Pour le coordonnateur national de la JMA, Olivier Maniana, cette journée est une invitation à l’action pour travailler main dans la main, producteurs et consommateurs pour vaincre la faim, valoriser les produits locaux en assurant un avenir meilleur aux populations congolaises.

Il a déploré le fait que la RDC fasse encore face à des défis de tout genre telle la faim, la malnutrition, le faible accès aux produits nutritifs, et à la faible valorisation de nos produits locaux, à la pauvreté et aux effets du changement climatique.

Devant ces réalités, a-t-il indiqué, le gouvernement, sous le leadership du Président Tshisekedi, a placé la sécurité alimentaire et nutritionnelle au cœur de son action à travers sa vision « La revanche du sol sur le sous-sol ».

«L’agriculture doit redevenir le moteur de notre développement. C’est par la terre que nous vivons. C’est par la terre que nous vaincrons la faim et que nous construirons la prospérité nationale », a soutenu le directeur Maniana, avant de dire qu’à partir de cette vision, le ministre d’État de l’Agriculture et sécurité alimentaire, déploie des efforts pour notamment, appuyer les petits producteurs et leurs organisations, promouvoir la transformation et la consommation locale, encourager les jeunes, les femmes à s’engager dans le métier de la terre et à renforcer la résilience de nos communautés rurales.

Par ailleurs, il a fait savoir que la Direction de production des végétaux du ministère de l’Agriculture, par sa mission réglementaire, se propose d’élaborer une feuille de route devant aboutir à la formulation et à la stratégie nationale des légumineuses comme cela, a été convenu lors de la célébration de la Journée internationale de légumineuses célébrée le lundi du mois de février de chaque année; de proposer l’installation des vastes pépinières de cacao, café et palmiers à huile à travers le territoire national, en vue de la relance des cultures pérennes; de mettre en place un plan national de développement sur les critiques vivrières et fruitières ; de mettre en place un plan de développement pour les cultures maraîchères.

26,6 millions de Congolais en insécurité alimentaire aiguë

A cette occasion, M. Ibrahim Abdoul Nasser, représentant adjoint de la FAO en République démocratique du Congo, a indiqué qu’en RDC les chiffres du dernier rapport de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) du 24 ème cycle de la situation alimentaire du pays, que 26,6 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë et parmi elles, près de 4 millions sont en phase d’urgence (IPC 4), privées d’une alimentation régulière, saine et équilibrée.

Au niveau global, environ 8,2 pourcents de la population mondiale souffrent de la sous-alimentation chronique en raison des catastrophes d’origine naturelle ou anthropique, parmi lesquelles on retrouve les conflits, les dérèglements climatiques répétés, les inégalités et les récessions économiques. 

Dans ce contexte d’urgence lié aux conflits armés, a-t-il fait savoir, la communauté humanitaire œuvre aux côtés du gouvernement congolais pour améliorer les conditions de vie de ces communautés qui sont de plus en plus vulnérables.

En effet, dans les zones de conflit où l’accès aux aliments est entravé, provoquant de la malnutrition et de la faim, mais aussi partout où les besoins se font sentir la FAO, le PAM, le FIDA, l’UNICEF, le UNHCR, le PNUD, l’OIM, ainsi que tout le système des Nations unies et les autres institutions internationales à l’instar de la Banque mondiale, de l’AFD, du WWF, et de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et le Croissant- Rouge sont sur le terrain, pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations, ainsi que leur mieux-être.

La FAO, fidèle à ses engagements, a mis en place un cadre programmatique afin d’intensifier et d’accélérer l’action en faveur des populations vulnérables.

Ainsi, « L’Initiative Main dans la main de la FAO » permet de repérer les possibilités d’investissement et d’orienter les fonds en priorité vers les régions les plus touchées par la pauvreté et la faim et où le potentiel agricole est le plus important. 

Pour le représentant adjoint de la FAO, le thème retenu cette année est « Main dans la main pour des aliments et un avenir meilleurs », il vient opportunément nous appeler à l’importance de la collaboration mondiale pour construire un avenir pacifique, durable, prospère et en sécurité alimentaire.

Au cours de ces huit décennies, a-t-il relevé, la FAO a œuvré auprès de tous les Etats membres des Nations unies, en faveur d’un monde libéré de la faim.

Remise des kits agricoles

Par ailleurs, le ministre d’État de l’Agriculture et sécurité alimentaire a procédé à la remise symbolique des kits agricoles à quelques associations et ONG sélectionnées.

Il s’agit d’Océan bleu Sarlu, Compassion contre la pauvreté au Congo, Organisation pour le développement agro-pastoral, Fondation Père Gaston Lootens, l’ONG Monde vert et deux orphelinats: La Bénédiction et le Développement ainsi que Marie Mère des pauvres.

Les bénéficiaires ont reçu entre des sacs de riz, des semences, des bidons d’huile de 25L, des houes, des arrosoirs. Pour imortaliser les 80 ans de la création de la FAO, l’Organisation a mis à la disposition du ministère 80 arbres fruitiers. c’est le Ministre d’Etat qui a eu l’honneur de procéder la cérémonie officielle et symbolique de plantation de 10 arbres fruitiers dans le site de Maluku. ACP/C.L.

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