Kinshasa, 04 novembre 2026 (ACP).- Le renforcement prioritaire des infrastructures électriques dans les quartiers Révolution, Ebeya et Ngings, à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a été recommandé dans une étude doctorale soutenue mercredi à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Les résultats ont fourni aux décideurs locaux une base quantifiée et spatialisée pour prioriser les investissements. Le renforcement des infrastructures a ainsi pu être hiérarchisé en fonction des besoins identifiés et des contraintes observées sur le réseau électrique », a indiqué Victor Bazangika, auteur de cette recherche consacrée à la projection de la demande énergétique à l’horizon 2035.
Baptisé BazProject2035, l’outil informatique développé dans le cadre de cette thèse vise à améliorer la planification des infrastructures électriques et à orienter les investissements en fonction des besoins réels des quartiers concernés.
Selon les conclusions de cette recherche, les quartiers Révolution et Ebeya concentrent 89,8 % des besoins totaux de renforcement du réseau étudié, ce qui justifie leur classement parmi les zones prioritaires d’intervention.
L’étude recommande notamment l’installation de deux transformateurs de 2 000 kVA à Révolution, de deux autres de 1 000 kVA à Ebeya et d’un transformateur de 630 kVA à Ngings. Elle préconise également l’augmentation de la capacité du poste source de Zongo, la création d’un nouveau départ moyenne tension ou la division de la charge du départ Christ-Roi, ainsi que la réhabilitation des câbles souterrains de moyenne tension.
Le coût global de ces investissements est estimé à environ 2,33 millions de dollars américains.
Les projections réalisées dans le cadre de cette recherche révèlent une augmentation de la demande de puissance électrique, estimée à 10,39 MVA en 2023, contre respectivement 14,1 MVA, 15,8 MVA et 17,81 MVA à l’horizon 2035, selon les scénarii faibles, moyen et fort.
« Les défis énergétiques de Mbanza-Ngungu n’ont pas pu être résolus par le seul développement d’outils logiciels. Ils ont appelé une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs-SNEL, autorités territoriales, services déconcentrés de l’État, société civile et secteur privé — autour d’une vision partagée du développement urbain et énergétique », a souligné l’auteur.
Les quartiers Révolution et Ebeya présentent les déficits les plus préoccupants, avec des taux d’utilisation des équipements susceptibles d’atteindre respectivement 227 % et 318 % dans les scénarios étudiés. Le quartier Ngings nécessite également un renforcement, tandis que Disengomoka appelle une surveillance rapprochée en raison du risque de saturation.
Pour élaborer BazProject2035, le chercheur a combiné des enquêtes menées auprès de 396 ménages, des entretiens avec dix experts opérationnels de la Société nationale d’électricité (SNEL) et une comparaison de huit modèles de projection.
Les résultats ont mis en évidence les performances du modèle d’apprentissage automatique LSTM, qui affiche une erreur absolue moyenne en pourcentage de 1,56 %, selon les données présentées dans la thèse.
« Il a été possible, même dans un contexte de données limitées et d’infrastructures contraintes, de développer des outils de planification à la fois scientifiquement rigoureux et opérationnellement pertinents », a affirmé le chercheur, présentant BazProject2035 comme un instrument d’aide à la décision adapté aux réalités locales.
La validation de cet outil par les experts de la SNEL a confirmé, selon la thèse, la pertinence de l’identification des zones critiques et l’utilité opérationnelle du dispositif pour la planification des investissements.
Parmi les perspectives envisagées figurent l’intégration des données climatiques, le développement d’une version mobile et d’une interface web collaborative, ainsi que l’adaptation de l’outil à d’autres villes congolaises.
« BazProject2035 s’est voulu une première étape vers une planification énergétique plus proactive, plus spatialisée et davantage ancrée dans les réalités locales », précise la conclusion générale, qui insiste également sur la nécessité d’investissements durables dans les infrastructures, la formation, la recherche et l’innovation.
La thèse plaide enfin pour une gouvernance transparente et inclusive, considérée comme indispensable à l’amélioration durable de la desserte électrique et à l’accompagnement du développement urbain de Mbanza-Ngungu.
À l’issue des débats et délibérations, le candidat a été proclamé docteur en sciences et technologies, avec la mention « la plus grande distinction ». ACP/Ns

