Kinshasa, 17 février 2026 (ACP).- La Baie de Ngaliema n’est pas un accident mais le produit d’un système où les espaces publics berges de la République démocratique du Congo ont été découpés, vendus, titrés et bétonnés, a affirmé mardi le président de l’Expo-Béton, lors d’un entretien avec l’ACP.
«La Baie de Ngaliema n’est pas un accident, c’est le produit d’un système où les espaces publics berges de la RDC, ont été découpés, vendus, titrés et bétonnés», a déclaré Jean Bamanisa, président de l’Expo-Beton.
L’opérateur économique s’est exprimé en marge des mesures de démolition des constructions anarchiques dans certains quartiers prises par l’autorité urbaine à Kinshasa.
Selon lui, punir uniquement les occupants revient à frapper le dernier maillon d’une chaîne de prédation.
«Le vrai crime a été commis bien plus haut : dans les bureaux de l’État. Toutes les grandes villes du monde fonctionnent sur un principe simple : avant de bâtir, l’État réserve le sol pour les routes, les parkings, les bassins de rétention d’eau, les écoles, les hôpitaux, les marchés, les parcs, les cimetières, les décharges, les postes de police, les casernes de pompiers, les stations d’épuration, les gares et les universités», a renchéri M. Bamanisa.
Tous ces services, selon le président de l’Expo- Béton sont du domaine foncier public, cependant, à Kinshasa, ces espaces n’ont pas été protégés et ont été vendus. L’absence des espaces desdits services a pour conséquence les inondations, l’empiétement des emprises, le réchauffement climatique, les montagnes d’ordures, les embouteillages éternels.
Appel au démantèlement du réseau foncier frauduleux
Par ailleurs, le président de l’Expo-Beton a invité le gouvernement à démanteler le réseau foncier frauduleux qui œuvre dans la vente des espaces publics.
«Si les fonctionnaires corrompus tombent, si les titres frauduleux sont annulés, si les réseaux fonciers frauduleux sont démantelés, alors Kinshasa pourra commencer à respirer», a-t-il soutenu.
Selon M. Bamanisa, l’urgence est ailleurs notamment, la responsabilité pénale partagée entre le propriétaire, mais aussi le conservateur, l’urbaniste et le signataire politique doivent être poursuivis. A cela s’ajoute le gel immédiat des zones stratégiques berges, zones inondables, axes routiers, espaces publics doivent devenir juridiquement inaliénables.
«Démolir des murs est facile, démolir un système est le vrai courage», a-t-il martelé.
Notons que l’autorité urbaine s’emploie pour libérer les emprises publiques, restaurer l’ordre urbanistique, prévenir les inondations et les catastrophes.
Dans ce cadre, le vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani Lukoo, le ministre des Affaires foncières O’Neige Nsele et celui de l’Urbanisme Alexis Gisaro ont effectué une visite des sites à destinés à la démolition.
ACP/ODM

