Kinshasa, 10 avril 2026 (ACP).- L’implémentation des projets industriels en pleine accélération en République démocratique du Congo (RDC) constitue une opportunité susceptible de transformer l’économie nationale.
Portée par des plans nationaux ambitieux comme le Plan directeur d’Industrialisation à l’horizon 2040 et des investissements massifs, notamment une cité industrielle sino-congolaise de 12 milliards USD, visant à créer des milliers d’emplois et à réduire la dépendance aux importations, cette implémentation en RDC est réellement en pleine mutation.
Des institutions comme le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) financent divers projets (agro-industrie, sous-traitance minière, électronique), tandis que des Zones économiques spéciales (ZES) se développent à Maluku, Kin Malebo et ailleurs, soutenues par des initiatives comme le projet technologique « Okapi » et, des partenariats public-privé, pour transformer les matières premières localement.
Cela prouve que l’industrie congolaise est en transition, passant d’une base informelle et désindustrialisée à une stratégie de développement plus structurée, s’appuyant sur des ressources naturelles et une volonté politique d’intégrer la valeur ajoutée localement.
Bâtir des projets industriels pour renforcer la transformation locale
La création d’industries en RDC fait face à des défis majeurs comme le manque d’énergie, d’infrastructures, d’accès au financement, et un cadre formel peu structuré, malgré un fort potentiel dans l’agro-industrie, le textile, le pharmaceutique et les Nouvelles technologies de l’information et de la communication ( NTIC), avec des perspectives promues par des plans gouvernementaux (FPI, carte d’entrepreneur) visant la diversification économique et l’innovation pour transformer l’économie extractive en une économie plus résiliente et inclusive.
Une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) conduite par Dorsaf Zangar, Cheffe de Division- Développement industriel, Commerce et Climat d’investissement, a été reçu récemment par Justin Kalumba, ministre de l’Entrepreneuriat et développement des Petites et moyennes entreprises (PME), assumant l’intérim du ministre de l’Industrie. Au cœur de cette rencontre, il était question d’ouvrir un cycle de discussions décisives pour bâtir les futurs projets industriels qui pourraient transformer l’économie congolaise. Des projets qui, une fois réalisés, constitueront une étape clé pour orienter des investissements capables de renforcer la transformation locale, soutenir les PME et diversifier durablement l’économie congolaise.
L’hôte du ministre avait indiqué qu’avec cette alliance renforcée, la RDC ne se contente plus d’annoncer son ambition industrielle ; elle enclenche plutôt la mécanique pour la concrétiser. Les prochains mois diront jusqu’où cette détermination pourra faire émerger des projets structurants capables de dynamiser durablement le tissu industriel du pays.
Pour améliorer les choses dans ce secteur, il faudrait investir massivement dans les infrastructures (énergie, transport), diversifier l’économie hors des mines vers l’agro-industrie et les PME, créer un climat des affaires favorable (réformes, zones économiques spéciales, carte d’entrepreneur), valoriser le capital humain (formation) et encourager la transformation locale des matières premières, tout en adoptant des stratégies comme le Kaizen et le transfert de technologies pour augmenter la productivité et la valeur ajoutée.
Des réformes politiques s’imposent
Pour gagner le pari de cette transformation, les réformes politiques s’imposent à tout prix. Les axes stratégiques pour y parvenir sont notamment l’investissement massive dans les infrastructures énergétiques, routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires pour soutenir la production industrielle, développer l’agriculture à grande échelle et la transformation des produits locaux pour réduire la dépendance minière, promouvoir l’industrie manufacturière et transformer localement.
Il s’agira aussi au cours de l’année 2026, d’envisager des réformes politiques visant à renforcer et à améliorer le climat des affaires en RDC pour attirer plus d’investisseurs tout en simplifiant les procédures formelles. Ces politiques doivent mettre un accent particulier sur la lutte contre la corruption et l’impunité.
Il faudra également renforcer les compétences des entrepreneurs, à travers des formations, des ateliers d’échange et de partage d’expérience.
Pour plus des résultats, il est impérieux également de penser à la création des centres d’excellence pour former les jeunes et entrepreneurs aux métiers industriels en vue de soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) capables de stimuler l’emploi au niveau local, ainsi que d’organiser des forums nationaux des PME pour offrir des opportunités aux entrepreneurs.
ACP/C.L.

