Kinshasa, 6 octobre 2026 (ACP).- Legouvernementde la République démocratique du Congo (RDC) a été appelé mardi à Kinshasa, par le directeur exécutif des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) de renforcer le contrôle du secteur extractif, des marchés publics et du recouvrement des avoirs du projet de loi de lutte contre la corruption.
« Le projet de loi portant lutte contre la corruption, déclaré recevable par l’Assemblée nationale, devra également répondre aux risques de corruption qui affectent plusieurs secteurs de l’économie congolaise. Voilà pourquoi, le gouvernement doit renforcer le contrôle du secteur extractif, des marchés publics et du recouvrement des avoirs. Une attention particulière doit être accordée au secteur extractif et à l’ensemble de la chaîne des recettes et dépenses publiques », a déclaré Jimmy Kande, directeur exécutif d’Afrique de l’Ouest et francophone de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF).
Selon lui, le secteur extractif représente une part importante des recettes de la RDC et que plusieurs scandales de corruption ayant marqué le pays ont concerné ce secteur.
« Il doit y avoir un focus sur ce secteur qui est le secteur moteur de notre budget afin qu’on puisse réduire l’impact de la corruption », a-t-il dit.
Par ailleurs, Jimmy Kande a appelé à surveiller l’ensemble du processus de mobilisation et d’utilisation des ressources publiques. Il a cité notamment les recettes fiscales, douanières et non fiscales ainsi que les exonérations accordées à certains opérateurs économiques.
Le responsable de la PPLAAF met également en garde contre les risques de corruption dans les marchés publics. Selon lui, les pratiques irrégulières peuvent intervenir à différentes étapes, depuis la définition du besoin jusqu’à l’attribution du marché, son exécution, la livraison et le paiement.
« La corruption ne se produit pas seulement au moment où l’argent sort du Trésor. Elle peut intervenir avant, lorsque le marché est conçu pour favoriser un acteur, pendant son attribution ou encore lors de son exécution », a-t-il fait savoir.
Pour Jimmy Kande, l’efficacité de la future Loi dépendra également de l’indépendance et des moyens accordés aux institutions chargées de lutter contre la corruption.
Il a préconisé des enquêtes menées par des institutions suffisamment indépendantes et protégées contre les pressions, mais aussi des ressources humaines, techniques et financières adaptées à la complexité des dossiers.
Il a appelé à renforcer la coopération entre les institutions congolaises, les juridictions étrangères et les cellules de renseignement financier d’autres pays.
« La corruption moderne est souvent transnationale », fait-il observer, soulignant qu’une infraction peut être commise en RDC alors que les fonds, sociétés, comptes bancaires ou biens immobiliers concernés se trouvent dans plusieurs autres juridictions.
ACP/Kunt

