Mbuji-Mayi : une proposition de loi sur l’industrialisation minière présentée aux étudiants d’Université

‎Kinshasa, 19 février 2026(ACP).- Une proposition de loi sur l’industrialisation minière a été présentée mercredi aux étudiants de l’université de Mbuji-Mayi au Kasaï-  Oriental au centre de la RD. Congo lors d’une conférence-débat sur l’avenir de l’industrie minière congolaise par un député national, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP. 

‎« Les échanges sur l’industrialisation minière en RDC ont conduit le député national Thierry Mulumba Mpandanjila à l’Université officielle de Mbuji-Mayi mercredi 18 février dans le but d’échanger avec les étudiants de cette ville sur la proposition de loi-cadre portant transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales en RDC, déposée à l’Assemblée Nationale le 29 octobre 2025. L’Université officielle de Mbuji-Mayi est le dixième  établissement universitaire à accueillir cette tournée nationale dans le cadre d’échanges autour d’un enjeu stratégique : « passer de la simple extraction à la valorisation des minerais par la transformation locale », a-t-on lu dans le communiqué du député. 

‎Selon la source, la rencontre a réuni des professeurs et étudiants autour d’un diagnostic sans détour de l’industrie minière en RDC, ainsi que des objectifs poursuivis par ladite proposition de loi, notamment : maximiser la valeur ajoutée locale, soutenir une industrialisation durable, renforcer la souveraineté économique nationale. Il s’agit également  d’accroître les recettes publiques, d’encourager les investissements structurants, développer les compétences locales, garantir le transfert des technologies,  favoriser la création d’emplois qualifiés et stables.

‎Il a fait savoir que le Code minier encadre principalement l’exploration, l’extraction et la concentration des minerais. Cependant, toute la phase postérieure (le raffinage, la fabrication des précurseurs, des produits semi-finis et finis, le recyclage) n’était jusque-là réglementée par aucune législation spécifique.

‎ L’inexistence d’un cadre juridique limite l’attrait  des investisseurs

‎Le député Mulumba a affirmé que l’inexistence d’un cadre légal clair limite aussi la capacité du pays à attirer des investissements structurants.

‎Il a soutenu que ce vide juridique rend difficile le développement des chaînes de valeur des substances minérales en RDC et, cause une perte de la valeur ajoutée locale ainsi que des opportunités industrielles des maillons de la phase post-extractive qui représentent 90% de la valeur des produits miniers. A cet effet, la proposition de la Loi dénommée « Mpandanjila » vise donc à intégrer juridiquement toutes les activités post-extraction.

‎Pour lui, dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et numérique, ainsi que les rivalités géopolitiques croissantes autour des minerais critiques et stratégiques, les grandes puissances telles que  les États-Unis, la Chine, ou l’Union européenne cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. 

A cet effet, M.  Thierry Mulumba a estimé nécessaire pour la RDC de doter son potentiel géologique exceptionnel des textes devant définir une stratégie globale de positionnement dans les chaînes de valeur mondiales.  

« En se limitant à exporter les minerais à l’état brut, la RDC ne capte en moyenne que 10 % de la valeur finale, car la véritable richesse se trouve dans la transformation, d’où cet élu a évoqué la nécessité de rajouter de la valeur localement par la transformation et l’industrialisation, une démarche inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, plaçant l’industrialisation au cœur du programme national », a soutenu l’élu du peuple.

A cette occasion, il a lancé un appel direct au monde académique à Co-construire l’avenir industriel de la RDC comme dans d’autres universités où il a lancé un concours interuniversitaire.

Ce concours consiste à élaborer les scenarios de croissance économique résultant de la mise en œuvre de la Loi Mpandanjila, en proposant une politique de positionnement de la RDC dans le contexte de la transition énergétique et numérique, toute en identifiant et en analysant des projets industriels de transformation locale des substances minérales adaptés d’intérêt pour les gouvernements Central et Provinciaux.

Ces projets, a ajouté la source, seront présentés ensuite aux autorités du pays qui pourront, à leur tour, l’usage réel afin de contribuer au développement. ACP/C.L.

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