Kinshasa, 16 avril 2026(ACP).- Le ministre du Plan de la RD. Congo a relevé à la 59ème session de la Commission de la population et du développement de l’ONU à New York, aux Etats-Unis, que son pays dispose des leviers structurants pour bâtir des politiques publiques plus justes, plus efficaces, selon un communiqué du ministère du plan consulté jeudi par l’ACP.
« Avec plus de 24 millions d’enfants aujourd’hui scolarisés grâce à la gratuité de l’enseignement, le déploiement progressif de la couverture santé universelle, la mise en place d’un registre social unique et l’organisation du prochain recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), la RDC dispose d’autant des leviers structurants pour bâtir des politiques publiques plus justes, plus efficaces et orientées vers les résultats », a-t-on lu.
Le ministre d’État Guylain Nyembo représentant le pays à ce forum a, à cet effet, réaffirmé l’engagement de son pays à transformer durablement les conditions de vie de sa population en plaçant la jeunesse et l’accès aux services sociaux de base au cœur de son action.
Il a, en outre, indiqué que le recours aux technologies numériques constitue un levier central pour mieux cibler les populations vulnérables et accélérer l’atteinte des Objectifs du développement durable (ODD).
Passer de la dépendance à la souveraineté sanitaire
En marge de cette session, Guylain Nyembo a pris part à une réunion parallèle consacrée au thème: « l’infrastructure de la survie : le rôle de la planification nationale dans l’éradication de la mortalité maternelle en République démocratique du Congo.
Cette réunion constituait un cadre d’échange stratégique qui a mobilisé des décideurs africains et des partenaires internationaux autour d’un impératif : mettre fin aux décès maternels évitables en Afrique.
Le ministre d’État a réaffirmé, lors de cette rencontre, la place stratégique de la planification dans la transformation des systèmes de santé et la sauvegarde des vies en RDC.
A ce sujet, et face à une réalité encore préoccupante, la RDC a défendu une approche structurée, résolument tournée vers l’action et fondée sur quatre principaux axes ; le renforcement du financement domestique à travers la couverture santé universelle et des mécanismes innovants de mobilisation des ressources ; l’accélération des investissements dans les infrastructures de proximité à travers le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) pour rapprocher les soins des populations ; la digitalisation des systèmes de santé garantissant un suivi à temps réel et une meilleure disponibilité des intrants essentiels ; et un leadership politique assumé, plaçant la santé maternelle au cœur des priorités nationales.
Dans un contexte où l’Afrique concentre encore près de 70% du fardeau mondial de la mortalité maternelle, malgré des avancées significatives, le ministre d’État a appelé à un changement de paradigme, celui de passer de la dépendance à l’aide à une véritable souveraineté sanitaire africaine, fondée sur des investissements durables, une coordination renforcée et des solutions locale à fort impact.
« Aucune femme ne devrait perdre la vie en donnant la vie », a martelé Guylain Nyembo, tout en réaffirmant l’engagement clair et la détermination de la RDC à transformer les progrès en résultats concrets et durables, au bénéfice des populations.
Les Nations-unies accompagnent les États
Lors de cette session, Diene Keita, Directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population et Secrétaire générale adjointe des Nations unies, s’est entretenue avec le ministre d’État, Guylain Nyembo sur
un principe fondamental réaffirmant les enjeux de la population et de développement en relevant avant tout la responsabilité des États membres.
« Les Nations-unies accompagnent, mais ce sont les États qui décident et portent les résultats », a précisé Mme Keita, tout en insistant sur le rôle d’appui technique du système des Nations-unies, et soulignant que les décisions et leur mise en œuvre demeurent du ressort des gouvernements.
Dans cette perspective, elle a encouragé les délégations africaines, dont celle de la République démocratique du Congo, à participer activement aux négociations internationales afin de défendre leurs priorités nationales et d’aboutir à des résultats concrets.
Pour Guylain Nyembo, ces échanges ont permis de dégager trois leviers stratégiques de transformation. Il s’agit, d’une part, de la géo-gouvernance, visant à adapter l’allocation des ressources aux réalités spécifiques des territoires, notamment dans les zones fragiles ou affectées par les conflits.
D’autre part, le Mapping des zones frontalières, appelé à transformer ces espaces en véritables pôles de développement économique et enfin, l’innovation, à travers la digitalisation et l’exploitation des données qui apparaît comme un accélérateur clé de la transformation du capital humain.
Cette dynamique s’inscrit dans la préparation du deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), programmé après 42 ans d’intervalle. Ce processus vise à doter la RDC des données fiables et actualisées, indispensables à une planification efficace et à une meilleure orientation des politiques publiques.
Par cette approche, M. Nyembo a confirmé le positionnement de la RDC comme un acteur engagé et moteur sur les enjeux de population et de développement, avec l’ambition d’impulser une dynamique régionale fondée sur la performance et l’impact.
ACP/

