Kinshasa, 14 avril 2026(ACP)- Des défis structurels, des réformes en cours et des priorités stratégiques pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en République démocratique du Congo ont été abordés par le ministre d’Etat à l’Agriculture sur une chaîne de radio locale émettant de Kinshasa, selon un communiqué dudit ministère consulté mardi par l’ACP.
«Invité sur Top Congo FM lundi 13 avril 2026, Muhindo Nzangi, ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire a livré une vision globale, ambitieuse et résolument opérationnelle de la transformation du secteur agricole en RDC. Dans une intervention dense, il a articulé ses propos autour des défis structurels, des réformes en cours et des priorités stratégiques pour atteindre l’autosuffisance alimentaire nationale» a-t-on lu dans le communiqué du ministère de l’Agriculture.
Le ministre d’État a, à cet effet, alerté sur le faible niveau de productivité agricole du pays malgré l’immense potentiel des terres congolaises.
Ce constat, a-t-il dit, met en évidence un écart important de rendement lié principalement à la qualité des semences, à l’accès aux fertilisants et au faible niveau de mécanisation.
Au regard de son expérience récente dans la province de la Tshopo notamment à Opala, le ministre d’État a exprimé son inquiétude quant à l’état des institutions de recherche agricole.
« La semence que nous utilisons aujourd’hui permet en moyenne 800 kg par hectare, alors qu’au Burundi on atteint jusqu’à 4 tonnes à l’hectare », a-t-il révélé.
« Il y a deux semaines, j’étais à Opala dans la Tshopo. Nos instituts de recherche de semences ne font plus leur travail, ils sont à l’arrêt », a-t-il ajouté.
Pour lui, la relance de la recherche agricole est une condition indispensable pour améliorer la productivité nationale.
Relance des structures agricoles
Le ministre Muhindo a fait savoir que dans une logique de décentralisation agricole, 26 Centres d’Adaptation d’Amélioration et de Production des Semences Agricoles (CAAPSA) ont été identifiés à travers le pays pour que cette structure fonctionne efficacement dans chaque province.
Cette approche, a-t-il dit, vise à rapprocher les intrants agricoles des producteurs et à renforcer l’autonomie des provinces en matière de semences améliorées.
Il a, par ailleurs, indiqué que les cultures stratégiques pour la sécurité alimentaire feront l’objet de la prochaine campagne agricole précisant qu’à travers, celle-ci, le gouvernement entend concentrer les efforts sur les cultures de base de consommation nationale, notamment le riz, le maïs et les haricots.
Il a indiqué que, ces cultures sont considérées comme stratégiques, car elles constituent la base de l’alimentation quotidienne des Congolais.
Présentation des piliers de la transformation agricole
Abordant des piliers de la transformation, le ministre d’État a structuré sa vision autour de trois axes majeurs notamment : la semence améliorée, Les fertilisants agricoles ainsi que la mécanisation agricole.
« Après les semences et les fertilisants, le troisième pilier, c’est la mécanisation. Je ne pouvais pas imaginer que la demande en tracteurs était aussi élevée. C’est ainsi que j’ai pris un arrêté pour créer une brigade des tracteurs dans chaque territoire », a déclaré Muhindo Nzangi, cité dans le communiqué.
Dans le cadre de la logique d’accompagnement des producteurs des instructions fermes et des données aux services agricoles, il a dit avoir instruit tous les inspecteurs de l’Agriculture d’accompagner les populations à se regrouper en coopératives.
Cette stratégie vise à structurer les producteurs afin de faciliter l’accès aux équipements, aux financements et aux intrants.
Service national : le gouvernement envisage une production étatique encadrée
Le ministre a également évoqué le rôle du Service national, qu’il considère comme un modèle de production encadrée par l’État.
« Le Service national est un modèle de production par l’État. Nous envisageons une collaboration pour qu’il continue à produire avec les moyens de l’État. L’objectif étant d’encadrer les jeunes qui y sont envoyés tout en annonçant que dimanche prochain, je serai à Kanyama Kasese», a-t-il expliqué dans le document.
Connu comme un ministre de terrain, le ministre d’État a insisté sur son approche de proximité indiquant qu’il ne reste pas dans son bureau, il fait l’itinérance. C’est à ces termes, qu’il a précisé avoir déjà visité les 26 provinces de la RDC, ainsi que 118 territoires sur les 145 que compte le pays, témoignant d’une volonté de suivre directement la réalité agricole sur le terrain.
Répondant à la question sur dossier du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, le ministre d’État a rappelé que le projet est aujourd’hui dans une situation de contentieux.
« Aujourd’hui, il n’y a aucune activité. J’ai initié une correspondance pour demander la récupération des équipements je suis en discussion avec mon collègue des Portefeuilles puisque c’était sous sa tutelle comme l’État a ses parts dans ce projet », a-t-il souligné
Le Ministre d’État Muhindo Nzangi a réaffirmé la priorité stratégique pour laquelle il a été nommé par le Président de la République consistant assurer l’autonomie alimentaire de la RDC, avant d’appeler chaque Congolais à contribuer à cet objectif national, en promouvant une agriculture de proximité et familiale.
Dans ce cadre, il a popularisé une approche citoyenne simple mais structurante : « cultiver partout et par tous, à travers la production vivrière, maraîchère, le petit élevage et les cultures pérennes comme le café et le cacao qu’il résume en 4C qu’il prêche partout où il passe ». Le 1er « C »: tout le monde doit avoir un jardin des vivriers 2ème « C »: maraîchers 3ème « C »: le petit élevage et le 4ème « C »: cultures pérennes
À travers cette intervention, le Ministre d’État a posé les bases d’une transformation profonde du secteur agricole, fondée sur la semence, les fertilisants, la mécanisation et l’organisation des producteurs, avec un accent fort sur la proximité, la production locale et la souveraineté alimentaire, a conclu le communiqué. ACP/C.L.

