Kinshasa, 16 mars 2026 (ACP).- Moins d’un pourcent du potentiel d’irrigation estimé à 4 millions d’hectares de terre arable, est actuellement exploité, a indiqué le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, à l’ouverture lundi à Kinshasa, de l’atelier de validation du rapport des résultats du diagnostic national de l’irrigation en République démocratique du Congo.
« Le secteur agricole demeure extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique et dépend entièrement des précipitations (agriculture fluviale). Bien que le potentiel d’irrigation soit estimé à environ 4 millions d’hectares, moins d’un pourcent (1%) de cette superficie est actuellement exploité », a déclaré Benjamin Bamoninga, secrétaire général à l’Agriculture et sécurité alimentaire.
Il a, à cette occasion, fait savoir que les infrastructures d’irrigation existantes (anciens périmètres irrigués), dont la plupart sont dans un état de délabrement avancé en raison d’un manque d’entretien, de financement et des capacités techniques, ne couvrent qu’environ 30 mille hectares à l’échelle nationale. De plus, l’irrigation et le drainage sont insuffisamment maitrisés en raison de l’absence d’une stratégie cohérente et des normes appropriées en matière de gestion de l’eau.
« Les systèmes de production agricole restent peu productifs, avec des rendements majoritairement dépendants de la superficie exploitée plutôt que de la productivité », a fait remarquer M. Bomoninga.
C’est pour cette raison, a-t-il soutenu, que le ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire (MINAGRISA) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont conjointement développé le projet de coopération technique intitulé « Projet de formulation de la stratégie nationale de développement de l’irrigation en République démocratique du Congo (SNDI-RDC) ».
Pour le chef de l’administration de l’Agriculture, cet atelier est l’une des étapes importantes dans le cadre du processus de l’élaboration de la Stratégie nationale d’irrigation en RDC (SNDI-RDC). C’est également une opportunité pour les experts d’apporter leurs commentaires et amendements dans le rapport diagnostic d’irrigation, lequel va enrichir le document final de la stratégie nationale de développement d’irrigation, afin de promouvoir une gestion durable des ressources en eau en faveur du secteur agricole.
Validation concertée des analyses issues du terrain
M. Brice Lafia, qui s’est exprimé au nom du représentant résident de la FAO en RDC, a indiqué que la tenue de cet atelier constitue une étape déterminante visant à permettre un échange ouvert, un enrichissement collectif et une validation concertée des analyses issues du terrain, afin de garantir que la stratégie finale réponde pleinement aux besoins réels et aux priorités du pays.
Il a particulièrement salué les efforts des équipes techniques du ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, notamment la Direction d’aménagement des terres agricoles et maîtrise de l’eau (DATAME), les inspecteurs provinciaux et territoriaux, ainsi que les consultants mobilisés par la FAO, qui ont parcouru plusieurs provinces du pays afin de produire un diagnostic approfondi, rigoureux et de qualité.
Cela, a-t-il noté, témoigne de l’importance stratégique que revêt l’irrigation pour l’avenir agricole et le développement durable de la République démocratique du Congo.
M. Lafia a, en outre, réitéré l’engagement de la FAO à accompagner le gouvernement congolais dans la mobilisation des ressources techniques et financières nécessaires à la mise en œuvre effective de la Stratégie nationale de développement de l’irrigation.
« L’objectif est clair : accompagner la République démocratique du Congo vers une transformation durable de son agriculture, capable de nourrir sa population, de générer des opportunités économiques et de renforcer la résilience face aux chocs climatiques », a-t-il conclu.
ACP/JF

