Kinshasa, 5 novembre 2026 (ACP). – Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé la conclusion d’un accord au niveau des services avec la République démocratique du Congo (RDC) sur la quatrième revue au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), selon un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« Les autorités de la RDC et la mission du FMI sont parvenues à un accord préliminaire au niveau des services sur la quatrième revue du programme triennal de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FEC, ainsi que sur la troisième revue du programme triennal soutenu au titre de la FRD, sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI. L’examen du dossier par le Conseil d’administration est prévu pour décembre 2026 », a déclaré Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI pour la RDC, cité dans le communiqué.
Selon la même source, l’économie de la RDC est confrontée à des chocs multiples, notamment les répercussions du conflit armé dans la partie est du pays, la résurgence d’Ebola et les effets de la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les autorités ont sollicité
un assouplissement des plafonds fixés sur le déficit budgétaire ainsi qu’un appui financier additionnel au titre de la FEC pour soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola et
l’approbation de nouvelles mesures de réformes au titre de la FRD afin de renforcer le dispositif de préparation et de riposte aux épidémies.
« Une prudence et une coordination renforcées dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire, ainsi qu’une accélération des réformes, sont essentielles pour sauvegarder la stabilité macroéconomique et jeter les bases d’une croissance plus inclusive et durable », a indiqué le document.
La mission du FMI a salué le retrait de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière (Gafi), qui atteste des progrès importants réalisés dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT), tout en appelant à consolider et pérenniser ces acquis. Les autorités devraient également renforcer la gouvernance, intensifier la lutte contre la corruption et améliorer l’environnement des affaires.
Pour le FMI, la croissance économique a quelque peu ralenti en 2026 en RDC, l’activité commençant à subir les répercussions de l’épidémie d’Ebola ainsi que les difficultés rencontrées au niveau de deux grandes exploitations minières. Cependant, la croissance devrait se maintenir au-dessus de 5 % en 2026 et à moyen terme. L’inflation en glissement annuel devrait quant à elle se rapprocher de 9 % à la fin décembre 2026, sous l’effet du renchérissement des produits pétroliers et des denrées alimentaires.
« Concernant la FRD, la mission se félicite de l’adoption du projet de loi révisant le Code forestier, du projet de loi révisant la loi sur les partenariats public-privé (PPP) prenant en compte les incidences climatiques, ainsi que de la finalisation et de la publication de l’audit de performance du Fonds forestier national (FFN). Elle encourage les autorités à renforcer le cadre juridique afin d’assurer un respect plus strict des normes environnementales et sociales dans le secteur minier, et à maintenir le cap en vue d’une mise en œuvre dans les délais impartis des autres mesures de réforme », a conclu le communiqué.
Une mission des services du FMI, conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, a mené ces discussions du 22 octobre au 4 novembre 2026.
ACP/AM

