RDC-FMI : un accord préliminaire scelle la 1ère et la 2ème revue

Kinshasa, 06 novembre 2025 (ACP)-. Le Fonds monétaire international (FMI) est parvenue mercredi à un accord au niveau des services avec la République démocratique du Congo (RDC) sur la deuxième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la première au titre de la résilience et la durabilité, selon un communiqué de cette institution consulté jeudi par l’ACP.

« La mission du FMI et les autorités de la RDC sont parvenues à un accord préliminaire au niveau des services sur la deuxième revue du programme économique et financier triennal de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FEC ainsi que sur la première revue du programme triennal axé sur la lutte contre le changement climatique soutenu par le FMI au titre de la  FRD, sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI prévu pour décembre 2025 », a-t-on lu.

Selon cet accord, l’activité économique continue à faire preuve de résilience avec une croissance du PIB réel supérieure à 5% aussi bien en 2025 qu’en 2026, selon les projections portées par le dynamisme continu du secteur extractif. La stabilité extérieure s’est renforcée, soutenue de réserves internationales et la réduction du déficit du compte courant, bien que les réserves restent toujours en deçà du niveau d’adéquation recommandé de couverture des importations.

Dans le contexte de ralentissement de l’inflation et d’augmentation des taux d’intérêt réels, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) a baissé à 17,5 % en début octobre, le taux directeur qui était inchangé à 25 % depuis août 2023.

L’inflation en glissement annuel a davantage chuté à 2,5 % en octobre 2025, bien en deçà de la cible de 7 % de la BCC. Cette forte baisse de l’inflation est en grande partie attribuée à une forte appréciation du Franc Congolais consécutive à l’application de mesures prudentielles correctives aux réserves obligatoires sur les dépôts en devises des banques commerciales.

Les autorités congolaises encouragées à renforcer la transparence

Dans ce contexte, l’équipe du FMI a encouragé les autorités à renforcer la transparence et la communication sur les opérations du marché des changes, ainsi que la coordination entre les politiques budgétaire et monétaire, afin de préserver la stabilité des prix.

La mission a relevé, par ailleurs, que le conflit armé dans la partie Est de la RDC continue d’exercer des pressions importantes sur les finances publiques, avec une persistance des dépassements sur les dépenses exceptionnelles de sécurité jusqu’au troisième trimestre de 2025.

Ces pressions ont été partiellement compensées par des économies réalisées sur le train de vie de l’État et grâce à la re-priorisation des dépenses d’investissement, conformément au plan de contingence annexé à la Loi des finances rectificative de 2025.

Conjuguées à une bonne collecte de recettes budgétaires et grâce à la rationalisation des subventions aux carburants dans le secteur minier, ces mesures ont permis de contenir le déficit budgétaire intérieur en deçà du plafond programmé à fin juin 2025. Une poursuite de la prudence budgétaire sera essentielle pour créer l’espace nécessaire pour les dépenses prioritaires, dont celles liées à l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la région du Kasaï.

Afin de sauvegarder la viabilité budgétaire tout en protégeant les dépenses prioritaires sociales et d’investissement, le projet de loi des finances 2026 repose sur la poursuite des efforts de rationalisation des dépenses courantes non prioritaires, permettant de compenser partiellement le besoin anticipé de dépenses importantes liées à la sécurité.

Ces mesures de rationalisation des dépenses seront complétées par des initiatives d’accroissement des recettes budgétaires, dont le déploiement du système de la facturation normalisée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), à la poursuite de la suppression des subventions aux carburants dans le secteur minier, et le non-renouvellement de l’exonération de TVA et de droits de douane sur l’importation de produits alimentaires de base dans le contexte de décélération de l’inflation.

Les réformes entreprises encouragées

Les progrès sur l’agenda des réformes structurelles restent encourageants, particulièrement dans la modernisation de la gestion des finances publiques (GFP). Les autorités ont réalisé des progrès vers l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor (DGTCP), la déconcentration graduelle de l’ordonnancement des dépenses dans les ministères sectoriels, et la mise en place du compte unique du Trésor (CUT).

Cependant, des efforts additionnels restent nécessaires pour mener ces réformes à terme, bien que le respect de la chaîne de la dépense ait été renforcée à la suite de la refonte du cadre juridique y relatif, le recours aux procédures d’urgence reste élevé à cause des dépenses exceptionnelles de sécurité plus élevées que prévu en raison de la persistance du conflit armé.

La mission encourage les autorités à intensifier les efforts en matière de mobilisation des recettes intérieures, de gestion des investissements publics, de contrôle des abus sur la paie, de gouvernance, et de transparence, surtout dans le secteur extractif afin de lutter efficacement contre l’enrichissement illicite et la corruption, et améliorer l’environnement des affaires.

 Les services du FMI ont salué la mise en œuvre dans les délais impartis de la mesure de réforme (MR) de la FRD, relative à la préparation sous forme d’annexe au projet de loi de finances 2026, d’une analyse quantitative des coûts budgétaires liés aux chocs climatiques.

La mission du FMI s’est également félicitée de la mise en œuvre plutôt que prévu de la MR portant sur l’élaboration d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophe naturelle.

Les autorités sont encouragées à maintenir le cap, en continuant de jeter les bases pour une mise en œuvre dans les délais impartis des autres MRs qui arriveront à échéance lors des revues ultérieures.

La mission exprime sa gratitude aux autorités, aux hauts cadres de l’Administration, aux services techniques, aux différents interlocuteurs, dont les représentants de la société civile et du secteur privé, aussi bien à Kinshasa qu’au Haut-Katanga, ainsi qu’aux partenaires au développement, pour leur hospitalité, leur soutien continu et les échanges constructifs.

 Il convient de noter que les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du conseil d’administration du FMI. À partir des conclusions préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la direction, sera présenté au conseil d’administration pour examen et décision. ACP/

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