Kinshasa, 11 juin 2026 (ACP).– La crédibilité de l’Inspection générale des finances (IGF) passe par une communication maîtrisée, afin de promouvoir son image de marque, et de mieux sécuriser les deniers publics (en République démocratique du Congo), a déclaré un expert jeudi à Kinshasa, à l’occasion du séminaire de renforcement des capacités des partenaires (médias et société civile) de l’IGF.
« Une mauvaise communication sur le contrôle expose les ressources publiques. À l’inverse, une communication augmentée sur l’IGF renforce la discipline budgétaire, sécurise les recettes de l’État et améliore l’image du pays auprès des partenaires économiques », a déclaré le Pr Jean Chrétien Ekambo, expert paneliste.
Selon l’éminent scientifique, cette stratégie de « communication augmentée » se déploie à travers quatre grandes familles de supports que sont les médias classiques, qui ont pour mission de transmettre rigoureusement les faits, les chiffres et les rapports d’audit ; les médias numériques (influenceurs, youtubeurs) dont le rôle est de vulgariser les concepts financiers complexes pour le grand public. Il s’agit également des arts du vivant (théâtre, artistes), qui visent à susciter des émotions et à rendre la lutte contre les anti valeurs sensible et accessible à tous ainsi que des arts appliqués (affiches, banderoles) qui assurent une visibilité permanente dans l’espace public pour rappeler les règles de bonne gestion.
Dissiper les malentendus pour rassurer les investisseurs
Le Professeur Ekambo a prévenu qu’un malentendu médiatique peut pénaliser l’économie nationale. «Quand l’opinion croit à tort que l’IGF traque les citoyens, la confiance des investisseurs se fragilise. En revanche, quand elle comprend que l’IGF contrôle exclusivement les entités publiques et parapubliques, la confiance dans la gestion de l’État remonte», a-t-il expliqué. A ce titre, il a rappelé que les assujettis de l’IGF ne sont pas des individus ou de simples citoyens, mais des institutions et des entités. Quant aux piliers de communication, l’expert Ekambo a fait savoir que toute communication institutionnelle réussie repose sur trois piliers fondamentaux efficaces, transposables à l’économie.
«L’État, les entreprises, les médias et l’opinion doivent dialoguer pour faire circuler l’information financière; le contrat minimal : un socle de confiance indispensable sans lequel aucune transaction économique sérieuse n’est possible; et le maintien de la coopération : atteindre ses objectifs sans rompre le dialogue », a-t-il précisé. « Dès que vous perturbez la coopération, vous entrez en guerre. En gestion publique, la guerre, c’est le détournement, la fraude et le gaspillage. La coopération, c’est la bonne gouvernance », a conclu l’expert.
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