Kinshasa, 31 mars 2026 (ACP).- La transformation locale des minerais, a été considérée mardi au cours d’un entretien à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par un expert en gouvernance publique, comme une nécessité stratégique d’industrialisation pour la croissance économique et le développement des zones industrielles de transformation.
«La transformation locale des minerais est une nécessité stratégique d’industrialisation pour la croissance économique et le développement des zones industrielles de transformation. Car l’industrialisation est la clé du basculement vers la croissance. Les Zones Industrielles de Transformation (ZIT) permettraient de capter une part significative de la valeur ajoutée», a déclaré Alain Lubamba, expert senior en gouvernance publique et diplomatie économique.
Selon lui, le cuivre et le cobalt pourraient devenir des précurseurs de batteries, l’or et les minerais 3T seraient raffinés selon les standards internationaux, Lualaba et le Haut-Katanga peuvent devenir ainsi des hubs industriels. L’Est du pays verrait ses filières structurées et intégrées à l’économie formelle.
M. Lubamba a fait savoir que l’énergie est une condition sine qua non pour la transformation locale des minerais. L’hydroélectricité, le partenariat public-privé et la révision des attributions des gouverneurs pour l’octroi de licences sont des leviers indispensables.
«Le Président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé le projet de couloir vert reliant Beni à Kinshasa. Au-delà de son impact environnemental, il constitue un levier de transformation économique et d’intégration territoriale. Structuration des flux, sécurisation des corridors et valorisation durable des ressources: cette initiative peut devenir un axe majeur de la souveraineté économique congolaise», a-t-il dit.
En outre, il a relevé qu’en misant sur la transformation locale, la maîtrise des chaînes d’approvisionnement et une diplomatie économique affirmée, elle peut capter la valeur aujourd’hui externalisée. Des initiatives structurantes comme le couloir vert porté par Félix Tshisekedi illustrent cette ambition de souveraineté et de repositionnement stratégique.
«La puissance ne se mesure plus uniquement en force militaire, mais en capacité à innover, à transformer et à contrôler les ressources critiques», a- t-il indiqué.
Cet expert en gouvernance a exhorté la RDC à reprendre le contrôle de la valeur et du récit. La RDC doit maîtriser son récit stratégique et la certification souveraine, à l’image du label « Congo Green Cobalt », ainsi que valoriser les ressources locales et repositionne le pays dans les chaînes de valeurs mondiales.
La bataille est double: économique et symbolique
A cet effet, M. Lubamba, a déclaré que la transition énergétique mondiale offre une opportunité unique. D’autres acteurs sécurisent leurs approvisionnements, développent des alternatives.
«La RDC est déjà stratégique : la question est de savoir si elle transformera cet avantage en puissance durable», a-t-il indiqué.
Il a soutenu que la RDC est à un tournant : continuer à exporter des matières premières ou investir dans la transformation, l’innovation et la souveraineté.
M. Lubamba a relevé que le XXIᵉ siècle ne se gagnera pas uniquement sur les terrains militaires, mais dans les usines, les laboratoires et les corridors logistiques. La RDC a les ressources. Elle doit désormais en maîtriser la valeur.
Deux ruptures sont nécessaires, selon lui, promouvoir une diplomatie de l’offre, fondée sur des exigences claires de transformation locale ; faire de la traçabilité un outil de souveraineté, renforçant la crédibilité du secteur et neutralisant les discours sur les «minerais de conflit».
ACP/ODM

