Bandundu, 25 mars 2026 (ACP).- L’absence d’une structuration territoriale cohérente compromet la rentabilité des investissements agricoles, a indiqué mercredi un expert en aménagement du territoire, en marge de la conférence des gouverneurs qui se tient du 24 au 28 mars 2026 à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, dans l’ouest de la République démocratique du Congo.
« Dans un contexte de vulnérabilité climatique accrue et de pression démographique, l’absence d’une structuration territoriale cohérente compromet la rentabilité des investissements agricoles, la réduction des pertes post-récolte et la connexion efficace aux marchés urbains, notamment vers Kinshasa », a déclaré Landry Kangundu, expert en aménagement du territoire et député honoraire de la province du Kwilu.
M. Kangundu a fait savoir que la transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique constitue un pilier de la souveraineté alimentaire, un moteur de croissance territoriale et un facteur de stabilité socio-économique.
Il a, à cet effet, indiqué que la loi du 1er juillet 2025 organise en ses articles 51 à 91, les outils de planification spatiale à tous les échelons de gouvernance territoriale, conformément aux articles 41 et 87 de la même loi.
« La question soulevée par cette thématique relève d’une bonne planification spatiale de l’espace physique de la RDC. À cet effet, la loi nº 25/045 du 1er juillet 2025 organise, en ses articles 51 à 91, les outils de planification spatiale à tous les échelons de gouvernance territoriale », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que leur opérationnalisation nécessite un accompagnement soutenu de l’État et des partenaires techniques.
Il a fait remarquer que l’Observatoire national d’aménagement du territoire est chargé de la collecte et de l’analyse des données géospatiales, un rôle essentiel mais encore limité par l’insuffisance de données actualisées et les contraintes logistiques sur le terrain.
« À ce titre, l’ONAT est tenu d’être à jour avec toutes les informations géo-spatiales (…) Toutefois, cet accompagnement se heurte parfois à des difficultés d’accès à certaines zones et à la faible coordination entre les acteurs locaux », a-t-il poursuivi.
Les plans provinciaux et locaux d’aménagement
En outre, M. Kangundu a indiqué que les outils de planification spatiale, tels que les plans provinciaux et locaux d’aménagement, offrent un cadre pertinent pour intégrer les activités agro-pastorales et organiser la répartition des infrastructures, même si leur efficacité dépend largement de leur mise en application effective.
De plus, a-t-il dit, la loi encourage la connexion entre les zones rurales et les marchés urbains, bien que cette ambition reste tributaire de l’état des infrastructures de transport et de la cohérence des politiques sectorielles.
Dans ce contexte, il a laissé entendre que l’aménagement du territoire apparaît comme un levier important pour organiser l’espace national et améliorer la connexion entre les zones de production et marchés de consommation, sans pour autant constituer à lui seul une solution suffisante aux défis du secteur agricole.
« L’ONAT, en tant qu’institution technique (…) joue un rôle déterminant », a-t-il signifié, tout en insistant sur la nécessité de renforcer ses capacités institutionnelles pour répondre efficacement aux attentes.
«La transformation productive ne peut réussir sans aménagement territorial stratégique. Cette transformation suppose également des investissements complémentaires dans les secteurs des infrastructures, la gouvernance et l’accès au financement. », a-t-il conclu.
Cette conférence des gouverneurs, qui se tient à Bandundu du 24 au 28 mars 2026, est placée sous le thème : « Transformation du secteur agricole, pastoral et halieutique : développement rural et connexion aux marchés urbains ».
ACP/UKB

