Kinshasa, 12 juin 2026 (2026).-L’application des pratiques agricoles méthodiques, consistant à la plantation d’acacia à croissance rapide, pour des productions satisfaisantes en République démocratique du Congo (RDC), a fait l’objet d’un plaidoyer, vendredi, lors de la soutenance d’une thèse doctorale, à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Le Plateau Batéké en RD Congo situé à l’Est de Kinshasa constitue une opportunité importante pour l’approvisionnement agricole de Kinshasa. Les sols sableux très pauvres nécessitent de fortes interventions pour des productions satisfaisantes. La voie envisagée d’intervention consiste en la plantation d’Acacias à croissance rapide, cultivés en système agro forestier. A ce titre, le puits de carbone d’Ibi-Batéké, constitue un site-type pour notre recherche », a déclaré le chef de travaux Henri-Paul Eloma, auteur de la thèse.
Intitulée « stockage du carbone et dynamique de la végétation par l’imagerie satellitaire dans les plantations d’Acacia d’Ibi-Batéké en RDC », l’étude a révélé que le complexe agroforestier d’Ibi-Batéké, dans l’est de Kinshasa, jadis une savane aride et presqu’infertile, s’est transformé en forêt humide et luxuriante capable de séquestrer jusqu’à cent tonnes de biomasse aérienne par hectare. « Le complexe agroforestier d’Ibi-Batéké est passé de la savane aride et presqu’infertile des années 1990 et début 2000 pour devenir une forêt humide et luxuriante avec de taux de séquestration de biomasse aérienne autour de cent tonnes par hectare, à l’âge climax des arbres », a fait savoir l’auteur.
Verdissement attesté par satellite
L’étude, qui s’est appuyée sur des images Landsat analysées tous les cinq (5) ans entre 2000 et 2020, a révélé un accroissement graduel du stockage de la biomasse sur les 1.600 hectares de plantation.
« Après des valeurs négatives de l’indice en 2000 et 2005, la savane a commencé à verdir entre 2005 et 2010. Aujourd’hui, la forêt artificielle d’Ibi-Batéké a acquis des capacités de fixation du gaz carbonique autant et même plus que la galerie forestière naturelle autour de la rivière Lumene », s’est-il réjoui.
Le récipiendaire a suggéré que Maluku, la plus vaste commune de Kinshasa, reste verte pour la production agricole, le bois-énergie et le microclimat de la mégalopole.
L’étude a conclu que sans pratiques agricoles méthodiques, Ibi-Batéké ressemblerait à la savane infertile caractéristique du Plateau-Batéké.
« Le site, désormais comparable aux galeries forestières des rivières Lumene et Bombo, présente des avantages d’ordres environnemental, économique et sociologique », a-t-il soutenu.
Après débat et délibération, Henri-Paul Eloma a été proclamé docteur en sciences et technologies avec mention « Grande distinction ».
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