RDC :  proposition d’un programme Agro-Pêche-Élevage pour la souveraineté alimentaire d’ici 2036

Kinshasa, 08 septembre 2026 (ACP). – Le parti politique  »Énergie Nouvelle » a proposé le programme  »RDC Agro-Pêche-Élevage 2036 », une vision décennale pour la souveraineté alimentaire et la transformation économique de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un point de presse mardi, dans le territoire de Kasangulu, au Kongo Central, dans l’ouest du pays.

 « Dans la même optique qui justifie le voyage du président Félix Tshisekedi en Israël, notre pays ne doit plus être condamné à importer ce qu’il peut produire, à exporter ses matières premières sans les transformer et à regarder sa jeunesse chercher des emplois ailleurs alors que des millions d’hectares restent sous-exploités. C’est pourquoi nous proposons au débat national le programme « RDC Agro-Pêche-Élevage 2036 », une vision décennale de transformation de notre agriculture, de notre élevage, de notre pêche et de notre aquaculture », a déclaré Moïse Monsese, président national du parti politique Énergie Nouvelle.

Selon lui, le projet couvre la période 2027-2036 et prévoit un cadre d’investissement indicatif de 10 milliards de dollars américains, organisé autour de 100 pôles agro-productifs intégrés.

« Nous devons passer d’une agriculture de survie à une agriculture productive et compétitive. Nous devons passer de la simple production à la transformation locale. Nous devons passer de l’exploitation dispersée à de véritables chaînes de valeur territoriales. Et surtout, nous devons passer d’une politique fondée sur les annonces à une politique fondée sur les résultats mesurables », a-t-il soutenu.

Il a indiqué que son parti ambitionne d’accompagner au moins un million d’exploitations, de mettre en valeur au moins 3 millions d’hectares, de financer 500 unités de transformation et de contribuer à la création de 1,5 million d’emplois directs et indirects cumulés, sous réserve des études de référence.

« Nous voulons que le manioc devienne davantage une industrie. Que le maïs nourrisse nos populations et notre élevage. Que le riz congolais puisse conquérir nos marchés. Que notre poisson soit produit, conservé et transformé localement », a-t-il ajouté.

M. Monsese a précisé que chaque pôle agro-productif devra associer production, services agricoles, financement, stockage, transport, transformation et accès au marché.

« Pas de financement sur la base d’une promesse politique. Les financements devront être liés à des projets économiques crédibles, à des contrats, à des résultats vérifiables et à des mécanismes de remboursement ou de pérennisation », a-t-il insisté.

Évoquant la gouvernance, il a proposé des audits indépendants, la publication des indicateurs, la traçabilité numérique et la vérification des ouvrages et des bénéficiaires, ainsi qu’une politique de tolérance zéro contre les fausses factures, les bénéficiaires fictifs, les surfacturations et les détournements.

« L’argent destiné à nourrir le peuple congolais ne doit jamais devenir une source d’enrichissement personnel », a-t-il martelé.

Le parti propose, dans un premier temps, la préparation, l’étude et l’évaluation de 20 pôles pilotes avant toute extension du programme.

« C’est cela, pour nous, une politique responsable : on ne promet pas ce que l’on ne peut pas mesurer ; on ne finance pas ce qui n’est pas vérifié ; on n’étend pas ce qui n’a pas fait ses preuves », a conclu le président d’Énergie Nouvelle.

La République démocratique du Congo dispose d’un important potentiel agro-pastoral et halieutique, avec de vastes terres arables, d’abondantes ressources en eau, un réseau hydrographique dense et des conditions agroécologiques favorables à une grande diversité de cultures et d’activités d’élevage et de pêche. Malgré ces atouts, le pays reste fortement dépendant des importations alimentaires, tandis qu’une partie importante de son potentiel agricole demeure sous-exploitée. ACP/S T J

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