Londres, 3 novembre 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo (RDC), à travers le ministère du Commerce extérieur, a plaidé mardi pour la transformation locale des minerais, afin de conquérir les marchés internationaux, lors du Forum RDC-Royaume-Uni à Londres.
« La RDC entend renforcer sa coopération économique avec le Royaume-Uni en privilégiant les investissements directs, la transformation locale des ressources naturelles et la création de chaînes de valeur industrielles« , a déclaré Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur , à la plénière consacrée au «Futur de la coopération économique» entre les deux pays, organisée au deuxième jour de ces assises.
Les échanges ont notamment porté sur les investissements dans le secteur minier et la transformation des matières premières sur le territoire congolais, avec un accent particulier sur les minerais stratégiques nécessaires à la fabrication des batteries et des véhicules électriques.
M. Paluku a présenté la RDC comme un partenaire incontournable dans la transition énergétique mondiale, notamment au regard de ses ressources minérales.
«D’ici 2035, au Royaume-Uni et dans toute l’Europe, il n’y aura plus de véhicules à essence et diesel. Vous allez utiliser des véhicules électriques. C’est un grand marché. Mais peut-être que vous ne savez pas que, pour que vous puissiez saisir ce marché, la base, c’est la République démocratique du Congo», a-t-il déclaré.
Le ministre a notamment évoqué le cobalt, dont la RDC est le premier producteur mondial, ainsi que le lithium, le nickel et le manganèse, indispensables à la fabrication des batteries.
Il a également rappelé l’ambition de créer une grande chaîne de valeur autour des batteries électriques en RDC, à la suite de l’initiative lancée par les Présidents congolais et zambien, afin de fédérer les États africains producteurs de minerais stratégiques.
Pour le ministre du Commerce extérieur, l’enjeu est désormais de passer de l’exportation des matières premières à leur transformation sur le territoire national.
«La Chine transforme nos minerais et vend à l’Europe et aux États-Unis. Donc, nous aussi, nous pouvons transformer ces mêmes minerais chez nous et vendre à l’Europe et aux États-Unis. C’est ça le message : ce que la Chine fait vient de chez nous, nous pouvons le faire sur notre sol avec les Britanniques», a-t-il insisté.
De son côté, Mark Simmonds, ancien ministre britannique chargé de l’Afrique, a encouragé les entreprises britanniques à investir en RDC, notamment dans les industries de transformation, estimant que la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales constitue une opportunité stratégique.
«On ne peut pas être complètement dépendant de la Chine pour produire tout. Je pense que le mouvement vers la RDC, en produisant des précurseurs et même en allant jusqu’aux produits finis, serait vraiment encourageant. Nous devrions avoir des investisseurs qui viennent ici, construisent des entreprises et mettent à profit leurs compétences», a-t-il déclaré.
À travers ce forum, Kinshasa entend ainsi promouvoir une nouvelle dynamique de partenariat avec Londres, fondée sur des investissements mutuellement bénéfiques, la création d’emplois, le transfert de compétences et la transformation locale des ressources naturelles. ACP/AKK/BB

