RDC : une banque affiche 50,4 millions USD des pertes  à fin 2025

Kinshasa, 8 mars 2026 (ACP).- Une banque opérant en République démocratique du Congo (RDC) a affiché des pertes de l’ordre de 50,4 millions de dollars américains à fin 2025 et des fonds propres négatifs de 116,9 millions de dollars américains trois ans après sa mise sous administration provisoire, a rapporté un document consulté vendredi par l’ACP.

« Afriland First Bank RDC affiche des pertes de 50,4 millions de dollars à fin 2025 et des fonds propres négatifs de 116,9 millions de dollars. Les chiffres de la Banque centrale du Congo dressent le portrait d’une institution dont le redressement n’a toujours pas abouti », a-t-on lu. Selon la source, le trait significatif de ce déficit démontre que son produit net bancaire, l’équivalent du chiffre d’affaires d’une banque, qui mesure ce qu’elle gagne sur ses crédits, ses commissions et ses placements, est négatif à -4,68 millions de dollars.

A cela s’ajoute le mouvement de grève des agents de santé de Gbadolité, dans le Nord-Ouest du pays, qui réclament des salaires impayés via l’agence locale d’Afriland, n’est qu’un symptôme, car derrière, c’est toute la structure financière de la banque qui vacille. Ce document a ajouté que le reste du secteur bancaire congolais, lui, dégage collectivement 2,241 milliards de dollars. Ceci prouve à suffisance qu’Afriland dépense plus qu’elle ne gagne sur son activité de base.

Un portefeuille de crédits largement compromis

La source a renseigné,  par ailleurs, que la banque détient 175 millions de dollars de crédits bruts, mais seulement 37,8 millions, soit 21,6 % du total, sont considérés comme sains et le reste ne produit plus d’intérêts. Ainsi, pour couvrir ce risque, Afriland a approvisionné 131,9 millions de dollars, une somme qui pèse lourd sur ses comptes, a précisé le document. A cela s’ajoute la perte de marchés publics en ce qu’en 2025, la banque s’est vu retirer le paiement des enseignants et des frais de fonctionnement de 2 039 établissements scolaires dans cinq entités, soit environ 29 513 agents et un volume mensuel d’environ 12 milliards de francs congolais.

Ces contrats sont passés à d’autres institutions financières. La situation est d’autant plus grave que les banques actives en RDC qui doivent afficher un capital minimum de 50 millions de dollars depuis janvier 2025. Afriland en est très loin, avec des fonds propres en territoire négatif. Placée sous le régime de résolution depuis janvier 2023, le stade ultime de supervision bancaire, activé quand la survie d’un établissement est en jeu, la banque n’a toujours pas retrouvé ni rentabilité ni solvabilité. Dans ce cadre, le commissaire à la résolution dispose de pouvoirs étendus, y compris celui de modifier la structure du capital sans l’accord des actionnaires. L’actionnaire majoritaire, Afriland First Group, contrôlé par le milliardaire camerounais Paul Kammogne Fokam, a anticipé l’issue. Dans un communiqué du 12 février 2026, le groupe affirme avoir été « évincé » du capital par l’État congolais et la Banque centrale du Congo (BCC), et dit avoir saisi le centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) pour contester ce qu’il qualifie d’« expropriation ».

ACP/

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